• Salle Pétrarque matinées*2017*

    Salle Pétrarque soirées * 2018

     

     

    Salle Pétrarque matinées*2017*

     

     


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    Traces de lumière*4*

    (suite) 

    Carnets radiophoniques 

    Traces de Lumière 5 

     

    Lundi 12 mars 2007   -René CHAR, La Parole en archipel - 

    René CHAR montre dès ses premiers poèmes, sa nature à la fois nocturne et ardente. De son recueil  Arsenal aux Poèmes militants, c’est la vie secrète des choses qui guide le poète à travers les vibrations de la nature. Il parle aussi des noces tragiques de l’homme et de la terre.  

    René CHAR instaure : « La primauté du poème non seulement sur le poète, mais sur la poésie même. » 

    Il écrit : « Le dessein de la poésie étant de nous rendre souverain et nous impersonnalisant nous touchons, grâce au poème, à la plénitude de ce qui n’était qu’esquissé ou déformé par les vantardises de l’individu. Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, en ricochant sur elle ils tombent dans le monde nominateur de l’unité. 

    Dans le poème, chaque mot ou presque doit être employé dans son sens originel- certains, se détachent, deviennent plurivalents. Il en est d’amnésiques. La constellation du solitaire est tendue. 

    Dans la nuit, le poète, le drame et la nature ne font qu’un, mais en montant et en s’aspirant. 

    La poésie ne rythmera plus l’action, elle en sera le fruit et l’annonciation jamais savourés, en avant de son propre jardin. » 

    Pour René CHAR : « Faire un poème, c’est prendre possession d’un au-delà nuptial qui se trouve bien dans sa vie, très rattaché à elle, et cependant à proximité des urnes de la mort. » 

     

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    Lundi 19 mars 2007  -Anna de NOAILLES, L’offrande à la nature- 

     

    L’historien Arthur CONTE dans son livre Grandes Françaises du XX° siècle, paru aux Editions Plon en 1995 parle de la poétesse Anna de BRONCOVAN, Comtesse de NOAILLES. Voici un extrait : « Elle écrit des poèmes qui seront rassemblés sous un titre qui, à lui seul, la décrit toute : "Le Cœur innombrable".
       Garde ton âme ouverte aux parfums d’alentour
       Aux mouvements de l’onde
       Aime l’effort, l’espoir, l’orgueil, aime l’amour
       C’est la chose profonde.
    En attendant que, du même lyrisme ardent, viennent, en 1902, L’Ombre des jours, puis toute une série de romans sensibles, La Nouvelle Espérance (1903), Le Visage émerveillé (1904), La Domination (1905), puis encore des poésies de la même veine, Les Eblouissements (1907), Les Vivants et les Morts (1913), Les Forces éternelles (1921), Honneur de souffrir (1927). Elle innove, en faisant entrer le soleil à fenêtres ouvertes dans la littérature française. Elle chante toutes les forces de la nature. 

    Anna de Noailles survient, inséparable de la nature, des forces naturelles, des étés puissants. Elle réhabilite les forces obscures. Dans "Le Cœur innombrable" comme dans "L’Ombre des jours", avec un parfait dédain pour toutes les règles et toutes les froideurs, elle apporte une poésie neuve et d’autant plus saisissante. »  

          L’offrande à la nature 

                                               Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,
       Nul n'aura comme moi si chaudement aimé
       La lumière des jours et la douceur des choses,
       L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

       La forêt, les étangs et les plaines fécondes
       Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
       Je me suis appuyée à la beauté du monde
       Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

       J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne
       Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité.
       Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne
       Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

       Je suis venue à vous sans peur et sans prudence,
       Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
       Ayant pour toute joie et toute connaissance
       Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

       Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
       Ma vie a répandu des parfums et des chants,
       Et mon cœur matineux est comme une corbeille
       Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.
     

       Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète
       J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
       Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes
       La belle impatience et le divin vouloir.

       Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature,
       Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour
       Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure
       Que ne visitent pas la lumière et l'amour... 

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    Lundi 26 mars 2007  -Gabriel FAURE, Mélodies et musique de chambre- 

    Les mélodies de Gabriel FAURE donnent un rôle égal au piano et au chant. En quelques mesures le musicien arrive à exprimer l’esprit et le sens du texte. Et les poèmes de BAUDELAIRE, VERLAINE, Théophile GAUTIER, LECONTE de LISLE, Victor HUGO et d’autres poètes, mis en musique par Gabriel FAURE sont plein de nuances subtiles avec des harmonies chaudes- Les mélodies comme Les Barcarolles et Les Nocturnes, sont des pages extraordinaires de passion, de vie, de lumière, de paix, d’amour et de bonheur. 

    Charles KOECHLIN écrit à propos de l’œuvre pianistique de FAURE : « Personne, depuis CHOPIN, n’a su mieux que FAURE exprimer la pénombre et la mélancolie des soirs, la clarté lunaire et les ténèbres de la nuit. » 

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    Lundi 02 avril 2007 -SAINT-JEAN DE LA CROIX, Poète de la Nuit Mystique- 

    SAINT-JEAN DE LA CROIX utilise des symboles et des images qui abondent dans les poèmes comme dans les commentaires et épousent étroitement l’expérience intérieure du mystique.  

    Cela devient l’image maîtresse de la Nuit qui symbolise toute l’aventure spirituelle. Elle devient l’image de la Vive Flamme, de la Fontaine jaillissante et désaltérante, du Cantique Spirituel. 

    SAINT-JEAN DE LA CROIX écrit : «Prenez conseil de votre raison pour accomplir ce qu’elle vous dicte dans la voie de Dieu ; cela aura plus de valeur devant Dieu que toutes les œuvres que vous feriez sans son secours et que tous les goûts spirituels que vous cherchez. Bienheureux celui qui, n’écoutant ni ses goûts, ni ses inclinations naturelles, soit la raison et la justice pour chacune de ses œuvres. »  

    Il note : « Les tourments ou les peines embrassés pour Dieu étaient comme des perles précieuses qui, plus elles sont grosses plus elles ont du prix et inspirent d’amour, en celui qui les reçoit, pour celui qui les donne. » 

    SAINT-JEAN DE LA CROIX définit la Nuit Mystique comme une aventure intérieure, un drame qui se déroule dans le temps d’une nuit, depuis le crépuscule où les objets s’estompent et disparaissent, en passant au travers du plus épais des ténèbres, par l’horreur de minuit où toute chose semble à jamais abolie dans le Rien, jusqu’à l’heure où l’obscurité pâlit, où l’on pressent l’immense clarté de l’aurore. 

    Il écrit : « Plus l’âme est rapprochée de Dieu et plus elle sent à cause de sa faiblesse la profondeur des ténèbres et de l’obscurité et de souffrance à l’œil à cause de sa faiblesse, de son imperfection et de son impuissance, ainsi en est-il de la lumière spirituelle de Dieu ; elle est tellement intense, elle excède à tel point l’entendement, que quand elle s’en rapproche, elle l’aveugle et le plonge dans l’obscurité. » 

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    Lundi 16 avril 2007 - Patrice DE LA TOUR DU PIN, La théopoésie -Tout homme est une histoire sacrée- 

    L’œuvre de Patrice DE LA TOUR DU PIN a pour titre La Somme de Poésie- qui se compose en trois parties :  

        -Le jeu de l’homme en lui-même. 

        -Le jeu de l’homme devant les autres 

        -Le jeu de l’homme devant Dieu.
    Pour le poète tout homme est une histoire sacrée qui respire au rythme universel de tous les hommes. Le poète marche vers la conquête d’une terre promise, sa propre liberté.  Il sait que seul le salut du Christ peut satisfaire l’homme en lui permettant d’être pleinement lui-même ; le salut restitue l’homme à lui-même par la rencontre de sa liberté avec celle de Dieu.  

    Dans son Jeu de l’homme devant les autres, le poète lie existentiellement les êtres autour de l’eucharistie, centre de l’histoire, du monde et du temps. 

    Dans le Jeu de l’homme devant Dieu, le poète poursuit d’une façon plus précise la quête du salut des jeux précédents. On peut parler d’une théopoésie parce qu’elle devient un écho de la Parole faite chair. Elle s’inscrit dans une théologie de la beauté en servant Dieu par la poésie et en contemplant par la liturgie, l’invisible dans le visible. Elle dialogue avec Dieu dans des clairs obscurs et des pénombres mystérieuses qui culminent dans les régions très profondes du cœur où la foi de tout est d’adorer. 

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    Lundi 23 avril 2007  -La Porte de l’Enfer d’Auguste RODIN- 

    Je vais surtout me reporter au livre Les grands évènements de l’histoire de l’art des Editions LAROUSSE – qui présente Rodin au paroxysme de sa force La Porte de l’Enfer – Voici quelques extraits : « Vous qui entrez ici abandonnez toute espérance- Cette maxime que DANTE place à l’entrée des Enfers, dans La Divine Comédie, RODIN la change en figure de bronze. Aussi conçoit-il une structure fortement symbolique. Au-dessus des battants une pièce horizontale (linteau) supporte un groupe des Trois Ombres, image de la désolation et de la mort. Au-dessous, sur une corniche en saillie, un homme replié sur lui-même, le Penseur, symbolise la mélancolie, devant une frise où se mêlent corps et squelettes. Quant aux reliefs des vantaux,  ils représentent des épisodes de l’Ancien Testament- du moins le sculpteur le veut-il ainsi au début. Mais au fil des transformations et des ajouts, le projet se trouve transformé : à l’ordre d’un récit disposé selon le texte se substitue le désordre expressif de corps entrelacés. Allusions bibliques et imaginations dantesques se mêlent et il ne reste rien de l’idée d’une surface divisée en compartiments séparés…  

    Les figures prolifèrent le long des montants et sur la corniche. Observées à distance, avec leurs échelles et leurs tailles très variées, elles donnent le sentiment d’un fourmillement chaotique, qui rappelle le Jugement dernier de MICHEL-ANGE ou la Chute des damnés de RUBENS. C’est à peine si l’on peut parler de composition face à cette œuvre où monumentalité et surcharge s’équilibrent sur une surface de plus de 6m de haut et 4m de large. Rien de surprenant à ce la puisque, pendant dix ans ou même jusqu’à la mort de RODIN, la Porte naît et  se modifie par accumulations successives. Des éléments modelés à part s’intègrent à l’ensemble après transformations. Le Fils prodigue, par exemple, une figure isolée de nu masculin, devient l’un  des protagonistes du groupe Fugit amor (L’amour s’enfuit), en bas à droite du vantail droit. Il en va de même du Torse d’Adèle, sculpture en terre cuite qui date de 1882 et que RODIN introduit  après coup sur le linteau de la Porte. Naturellement,  le cheminement inverse se reconnaît aussi : des morceaux conçus pour la Porte,  tel l’Ugolin et ses fils, s’en détachent et deviennent des sculptures autonomes. Il arrive aussi que RODIN réemploie la même figure à plusieurs endroits : plusieurs fontes d’une sculpture,  la Martyre, sont dispersées dans la Porte. Quant aux Trois Ombres qui surplombent l’ensemble, elles ne sont que la même figure répétée trois fois et non point, comme on pourrait s’y attendre,  trois statues distinctes. La Porte de l’Enfer est ainsi tout à la fois le panthéon de l’œuvre entier de RODIN et un laboratoire d’expériences sans cesse renouvelées. » 

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    Lundi 30 avril 2007 -Oscar Vladislas de LUBICZ-MILOSZ, Poète de la solitude- 

    Gil PRESSNITZER dans Esprits nomades écrit à propos du poète : « Toutes les voix des enfants malades murmurent dans la prairie mouillée de solitude, quelque part Milosz, blanc comme le brouillard, nous attend, avec une lanterne. Pas un mot, les pas crissent sur le gravier et les herbes folles, et Milosz se tourne et dit : vous êtes enfin revenu, le feu commençait à s'éteindre. Milosz le mystique, Milosz qui toujours vous prend par la main, et vous aide à franchir les lieux abandonnés. Ce voyageur des nuits de souvenance sait « faire chanter le loriot dans l’allée la plus secrète ». 

    Dans la poésie de MILOSZ, il y a un  climat de tristesse depuis l’enfance et Un parc malade de lune et puis viennent Les sept solitudes qui révèlent sa voix véritable et son univers d’une obsédante nostalgie qui se situe dans un pays d’enfance retrouvée en larmes. Il y a aussi un avant-goût du monde surnaturel qui vit en lui et qui laisse pressentir sa conversion. MILOSZ dès lors passe à la vision mystique. Son écriture ressemble au verset biblique et se fait l’écho de sa volonté religieuse.  

    Soyez la bienvenue, vous qui venez à ma rencontre  

    Dans l’écho de mes propos pas, du fond du corridor obscur et froid du temps 

    Soyez la bienvenue, solitude, ma mère. (Extrait du poème Souvenir de Septembre) 

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    Lundi 07 mai 2007  -Les Contemplations de Victor HUGO- 

    Dans la préface Les Contemplations, Victor HUGO écrivait : « Qu’est-ce que Les Contemplations ? Ce sont en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C’est l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à  l’énigme du cercueil ; c’est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui s’arrête éperdu au bord de l’infini. Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l’abîme. Une destinée écrite jour à jour. Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. » 

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    Lundi 14 mai 2007   -Franz LISZT, Les années de pèlerinage- 

    Franz LISZT écrivait dans la Préface du premier volume des Années de pèlerinage : « Ayant parcouru en ces temps bien des pays nouveaux, bien des sites divers, bien des lieux consacrés par l’histoire et la poésie ; ayant senti que les aspects variés de la nature et les scènes qui s’y rattachaient ne passaient pas devant mes yeux comme des vaines images, mais qu’elles remuaient dans mon âme des émotions profondes, qu’il s’établissait entre elles et moi une relation vague mais immédiate, un rapport indéfini mais réel, une communication inexplicable mais certaine, j’ai essayé de rendre en musique quelqu’unes de mes sensations les plus fortes, de mes plus vives perceptions… » 

    Ainsi les Années de pèlerinage au terme d’un long parcours traduisent une forme spirituelle de recherche parce que le musicien veut : La grandeur au-dessus de tout ! Franz LISZT la cherche dans le feu passionné de ses premiers amours, croit la rencontrer dans l’art et finalement ne la trouve que dans le dépouillement austère qui mène à Dieu. « C’est de cette étonnante ascèse que nous entretiennent les Années de pèlerinage ; elles accompagnent la montée vers la Lumière d’un artiste romantique dont la nostalgie de l’Absolu s’identifie avec un sens mystique de l’art… » 

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    Lundi 21 mai 2007   -Tristan CORBIERE, Les amours jaunes- 

    Paul VERLAINE dans son étude des Poètes maudits a sorti de l’ombre Tristan CORBIERE et il écrit : 

    « CORBIERE doit être le premier en date qui se laisse porter par la vague des mots, qui en dehors de toute direction consciente, expire chaque seconde à notre oreille et à laquelle le commun des hommes oppose la digue du sens immédiat. » 

    Dans son livre Panorama de la poésie française –De Rimbaud au Surréalisme- paru aux Editions SEGHERS Georges-Emmanuel CLANCIER écrit à propos de Tristan CORBIERE : « La faiblesse, la laideur à 16 ans, des rhumatismes articulaires déformèrent son corps- firent pour CORBIERE de la vie un exil où les sujets d’horreur ne manquèrent point et d’abord à ses yeux : lui-même… A la manière de son corps désarticulé, le poème de CORBIERE boite, se contorsionne, se brise, repart retombe, émouvant et gauche, pur et âpre tout en sautes d’humeur : passant de la tendresse la plus désarmée à la hargne, de l’onirisme le plus jaillissant à la blague féroce : ce replié est plus que nul autre poète : immédiat, comme si un tempérament et une âme riches et violents à l’extrême emprisonnés dans une vie sans issue ne pouvaient s’affirmer qu’en faisant irruption, qu’en explosant par la voie du poème : d’où cette écriture , brutale et brute, proche parfois, semble-t-il de l’écriture automatique chère aux surréaliste. »   

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    Lundi 28 mai 2007   -Vita Nova DANTE ALIGHIERI-  

     

    Vita Nova, (la vie nouvelle) ou Le Livre des morts Florentins- est un petit livre d’amour et de mort.  C’est l’histoire de DANTE, un épisode de sa vie que l’on retrouve dans Le Livre de la Mémoire. Vita Nova, c’est un récit où se superposent le temps du souvenir et celui de son élucidation, celle d’une auto-analyse où l’inaccessible réalité de l’évènement vécu : la double impossibilité d’aimer sans dire et de dire sans aimer. DANTE n’arrive jamais à montrer son amour ni à témoigner de sa nature : Béatrice lui demeure inaccessible, car tout chez lui vient  toujours à contretemps.  

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    Lundi 04 juin 2007  -Marie MAURON, la passion de l’écriture- 

     

    La remarquable revue Mosaïque dirigée de main de maître par André BONAFOS consacre dans son numéro 16 une grande place à la vie et à l’œuvre de Marie MAURON- son œuvre est l’interprétation d’une nature épanouie et souriante, mais qui a ses heures de violence et de cruauté. Le temps qui passe, la nostalgie, le souvenir, puis le temps de la fête, de la renaissance, le temps de la solitude et de la mort parcourent l’œuvre de Marie MAURON. Une œuvre au cœur d’une Provence lumineuse, accueillante, fraternelle mais qu’il faut à tout prix préserver. 

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    Lundi 11 juin 2007   -Marcher, méditer, Les voyages de l’âme- 

     

    Le poète du Bengale Rabindranath TAGORE, disait : « Marcher, c’est te rencontrer à chaque instant, ô compagnon de voyage. » Lors de mon séjour sur les pentes de l’Annapurna, j’ai pu noter que la véritable marche en montagne dépouille l’individu jusqu’à ce qu’il vive dans l’essentiel du paysage qui, à mesure que l’on monte en altitude, se dépouille lui aussi pour devenir un univers où ne poussent que quelques fleurs et  où ne vivent que quelques oiseaux.  

    La montagne libère la vérité qui est en chaque homme. La véritable marche en montagne est un voyage en nous-même vers la connaissance intérieure, un voyage qui nous fait sortir de nos habitudes mentales. Le haut pays, le monde minéral sans images des cimes, se confond alors avec l’extrême pointe de notre esprit, le vide créateur sans image. L’effort me semble-t-il purifie les sens et donne plus d’acuité à notre regard.  

    Pour le maître tibétain MILAREPA : « marcher pour vivre, c’est respirer moins vite, être plus contemplatif, plus réceptif dans toutes nos activités. L’accord du corps à la nature ; ce n’est plus son corps qu’on écoute obstinément : c’est l’harmonie du monde qu’on entend. » 

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     Lundi 18 juin 2007 -Les negro-spirituals, chants de souffrance et d’espoir- 

    L'origine des Negro Spirituals remonte au temps de l'esclavage. Ces chants, empreints d'espoir et de ferveur religieuse, expriment tout le drame des populations africaines déracinées et vendues pour travailler dans les plantations du sud des Etats-Unis. La notion du Dieu des pauvres et des humbles, l’écho des paraboles, sont des sources d’inspiration. En général le sujet traité dans les spirituals est finalement celui des servitudes et des espoirs de l’homme. 

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    Lundi 25 juin 2007  -Poèmes d’amour, l’exaltation du sentiment amoureux- 

    Les poètes depuis en particulier Les Troubadours ont contribué à éduquer notre sensibilité et à faire évoluer nos mœurs amoureuses. Jacques SALOME à propos des mots de l’amour écrit : « Il y a en chacun de nous les mots de la vie et les mots de l’amour qui naviguent en aveugles à la recherche d’une écoute ou d’une île… Les uns sur les flots, et les tempêtes du besoin de survivre, les autres dans les méandres du désir ou les dérives du rêve. Si les mots de la vie sont la chair de l’existence, les mots de l’amour en sont la sève fertile. C’est pour cela qu’ils sont précieux, non seulement dans la fragilité d’une émotion, dans l’inquiétude d’une attente ou l’éphémère d’une déclaration, mais surtout, surtout, par la vivance  qu’ils suscitent et la trace durable qu’ils déposent chez ceux qui savent les accueillir. »  

    Pour l’écrivain Robert BOBIN « C’est un mot obscur que celui d’amour. » Il précise « qu’il résonne dans nos cœurs comme le nom d’un pays lointain dont, depuis l’enfance, on a entendu vanter les cieux et les marbres. Il dit ce qui délivre, il dit ce qui tourmente. Il est enroulé sur lui-même, luisant et creux, comme ces coquillages que l’on porte à l’oreille pour y entendre l’infini. » L’amour, c’est l’âme qui ne meurt pas, qui va croissant montant comme une flamme. 

    Pour Eve de CASTRO :  

    « Après, on apprend l’autre. On l’épelle, on le déchiffre.  

    C’est là sans doute le moment le plus merveilleux de l’amour. 

    L’autre devient un continent, un peuple, une langue. 

    On se penche sur ses conjugaisons, ses rites, ses zones interdites, ses fantômes, 

    Ses aubes et ses soirs, ses raccourcis et ses détours. 

    On piaffe, on revient en arrière, on s’applique,  on s’émerveille. 

    Et quand on commence de se sentir chez soi, alors seulement on découvre le bonheur. » 

     

    Et ces quelques vers de Boris VIAN :  

    « Il faut me jurer de m’aimer 

    Tout le temps que ta main dans la mienne 

    Défendra notre amour de la haine 

    Que la joie finira par calmer. 

    Il faut me jurer de m’aimer 

    Tout le temps que le sang dans nos veines 

    Rythmera nos bonheurs et nos peines, 

    Dans la paix que nous aurons trouvée. » 

     

     

     

     

     

     


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    Poèmes*7*

     

     

    Je parle d’un pays lointain 

    Je parle d’un pays lointain où la neige se pose en douceur  

    Avant que le printemps ne ravive les couleurs 

    Pour préparer le flamboiement de l’été  

    Et les tableaux mordorés de l’automne contemplatif. 

     

    Le temps capte la symphonie de la sève  

    Pendant que le vent joue de diverses flûtes. 

    Le rose se met dans la transhumance des nuages.  

    Un fil mystérieux fait le lien entre la danse de la pierre et la voix de l’étoile. 

     

    Il y a cette lumière de la lune qui s’ouvre sur les pages de l’impossible 

    Pour animer un lac miroitant et un théâtre d’ombres. 

    On balance les choses dans une chambre étroite 

    Où s’agglutinent des masques et des mosaïques sans ciselure. 

     

    Sur les hauts des portes la poussière est toujours présente. 

    De la bouche sort un alphabet pour brouiller une alchimie de désir. 

    Le soleil se pose sur la falaise et regarde impassible les vaguelettes qui balbutient. 

    La mer ondule. Elle trace un cap imaginaire sur le visage de la brise. 

     

    Dans les méandres imparfaits la chanson noire 

    Déroule une triste procession sans fin parmi la crinière nocturne 

    Où dort la trame des jours tout proche du promontoire 

    Au-dessus des pierres blanches qui tentent d’écraser des ombres. 

     

    La pensée écoute le glissement du cœur vers les arbres en fleurs 

    Pour célébrer les humeurs qui pétrissent les broderies de l’aube. 

    Les mots grossissent dans le sillage des mains avides 

    Pour emprunter les grands vaisseaux porteurs de sel et de limon. 

     

     Mas du Gua 5 décembre 2015 

    Poèmes*8*

     

     

     

     

    Parmi les feuilles de la nuit 

     Parmi les feuilles de la nuit j’ai respiré ton parfum avant d’ébouriffer ta chevelure. 

    Alors j’ai fait danser les mots dans la mosaïque des rêves. 

    La lune nous baignait d’une lumière caressante 

    Puis elle portait nos âmes dans une course infinie sur les chemins de feu. 

     

    Les grandes orgues du vent jouaient sous les paupières des songes 

    Dans l’odeur des herbes sauvages et l’éclat noir des lettres essoufflées. 

    Notre amour incandescent se reflétait dans un miroir pour donner  

    Une pluie de baisers dans la lente marée des heures au bord de l’océan. 

     

    Nos ombres s’étiraient sur les dunes dans des voiles rouges 

    En maquillant nos lèvres pour faire oublier le jour et son foin de sel. 

    Nos têtes penchées buvaient l’écume de la vie pendant que nos mains 

    Ecartaient des nœuds de fièvre pour enfin connaître l’amour extrême. 

     Montpellier 23 décembre 2015 

    . Poèmes*8*

     

    La montée vers les neiges éternelles 

    C’est en gravissant les pentes de l’ANNAPURNA, que je me mets à être plus attentif aux messages du cœur. Il me semble avoir perdu une vraie richesse : 

       Faute de temps, 

       Faute de regards, 

       Faute d’écoute. 

    Je me suis appauvri un peu plus chaque jour. Je ne donne plus assez. 

    Maintenant à environ 6000 mètres d’altitude, je tente de développer une harmonie. 

    Cette harmonie se traduit par l’ouverture, la rigueur, le courage, l’endurance, l’engagement et l’humilité. Je pars en quête de … moi. 

    J’entreprends un grand et long voyage vers des contrées inexplorées de mon monde intérieur. 

    Mais pour atteindre cette harmonie, je dois d’abord déblayer, éliminer l’inutile et le superflu. 

    Au cours de ce voyage intérieur, les épreuves vont se multiplier. 

    Il me vient en mémoire les mots de SAINT-JEAN de la CROIX : « Si un homme veut être sûr de son chemin, qu’il ferme les yeux et marche dans l’obscurité. » 

    La réalisation bien sûr, réside dans la pratique. 

    Je confirme que ce qui compte dans l’effort, c’est avant tout l’action, plutôt que le résultat. 

    Toute notre vie n’est que projection de nos rêves. 

    Je crois que la méditation permet d’entrer en relation avec une plus large dimension de soi. 

    Il me faut apaiser les ondes qui me parcourent. 

    J’entre dans une sorte d’obscurité. 

    Et là, je me mets à apprendre à déjouer les pièges que mes envies m’avaient placés en travers de moi : 

    L’impatience, 

    Le découragement, 

    L’orgueil, 

    Le désir de posséder… 

    Je n’étais pas libre, mais simplement j’étais devenu dépendant de tout et de rien. 

    Connaître une chose et en vivre une autre est une erreur. Je dirai même un contresens. 

    L’erreur, c’est peut-être de chercher toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être, et par-là sans doute nous donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent sûrement toutes les énergies. 

    Dans cette ascension environnée de neige éternelle, j’apprends à connaître mes émotions, à les gérer et si possible à les canaliser. 

    Il me semble que c’est un passage obligé. 

    Parce qu’avant tout, il faut savoir déjouer les apparences. 

    BOUDDHA disait : 

    C’est par la foi que l’on peut traverser les courants. 

    C’est en faisant diligence que l’on franchit l’océan. 

    C’est par l’énergie que l’on peut rejeter la souffrance. 

    Et, c’est par la sagesse que l’on obtient la pureté. 

     

    Chacun suit son chemin. Le mien se compose :  

       De fragments, 

       De débris d’œuvres, 

       De poèmes non menés à terme, 

    Mais qui sont liés : 

       Par le drame intime, 

       Les dévoiements, 

       Les conversations manquées, 

       Les recherches de la raison, 

       Les chutes, 

       La nuit, 

       Les yeux vers les étoiles, 

       La force du sol. 

    J’ai essayé : 

       D’inventer de nouvelles couleurs, 

       De créer de nouveaux visages, 

       D’habiller la vie de musique audacieuse. 

    J’ai cru : 

       Posséder des visions,     

       Des pouvoirs arabesques. 

    J’ai fini par enterrer : 

       Ces séquences de vie, 

       Ces rires futuristes, 

       Ces nouvelles langues. 

    J’ai goûté à l’alchimie du Verbe, cher à RIMBAUD. 

    J’ai évoqué : 

       La confidence amoureuse, 

       Les saisons de l’âme, 

       Les oiseaux de la nuit, 

       Les différents domaines de la sensibilité 

       Et les éclats métalliques du ciel. 

    J’ai porté en moi bien longtemps, les contradictions politiques et philosophiques. 

    Maintenant en pleine ascension, je vis intérieurement. 

    Le soleil s’étale dans la neige qui par endroit fume. 

    Quelques rochers craquent. D’autres roulent sans fin. 

    Des bruits vibrent, rebondissent et s’amplifient. 

    Mon environnement est peuplé de mille vies présentes et futures. 

    J’ai l’impression que je fais unité. 

     

    La poésie devient un instrument de connaissance. 

    Elle est source de méditation et de réflexion. 

    Elle devient un moyen d’explorer l’inconscient. 

    Charles BAUDELAIRE, écrivait : 

    La nature est un temple où des vivants piliers 

    Laissent parfois sortir de confuses paroles ; 

    L’homme y passe à travers des forêts de symboles 

    Qui l’observent avec des regards familiers.  

    Car comme dit si bien le poète : 

      Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. 

     

    Pour Victor HUGO : « tout a droit de cité en poésie. » 

    C’est affirmer l’absolue liberté du poète, à qui aucun sujet n’est interdit. 

    C’est aussi faire sortir la poésie des domaines du sentiment et du rêve. 

    La poésie est une aventure toujours renouvelée. 

    Elle est une quête de l’absolu. Cet absolu est sans bornes et sans fin. 

    C’est en venant en ASIE, au cœur même de l’HIMALAYA, que j’ai compris la signification du mot méditation. 

    Car si méditer pour un occidental, signifie utiliser sa pensée au repos, de s’ouvrir à son espace intérieur, et en intégrant en soi le Tout Universel, d’en laisser émerger les grandes vérités et les grands principes de la vie. 

    Il ne faut pas se disperser entre le passé et le futur. 

    Il faut vivre le présent intensément. Il faut goûter cette qualité d’être avec la totale disponibilité de soi. 

    Il me semble aussi que le sens du divin est facteur d’ouverture, de transformation et de croissance. 

    DHAMMAPADA, penseur indien disait : « Nos pensées actuelles façonnent notre vie de demain ; notre vie est la création de notre esprit. » 

    L’ANNAPURNA se dresse vers le ciel. Quelques nuages s’écrasent contre sa paroi. 

    Dans ce site grandiose, il  y a des présences. 

    Auprès de nous, au fond de nous, partout il y a des présences. 

    Et derrière ces présences existent des secrets. 

    Mais ces secrets eux-mêmes ne sont que l’environnement obscur des âmes. 

    Comment atteindre ces âmes sans détruire les présences, sans violer les secrets ? 

    Comment communiquer avec le cœur du monde ? 

    Au contact des plantes, l’homme participe à l’innocence végétale. 

    Il interprète le langage du sol et communique par-là avec le cosmos. 

    L’arbre occupe une situation privilégiée. 

    Il semble présider aux fastes de la nature. Il en résume le cycle éternel par sa longévité et sa masse. 

    Il est un pilier de communication entre deux mondes. 

    Il est un symbole de pérennité. 

    Assemblés, les arbres forment bois et forêts, massifs et futaies. Ils deviennent des lieux de recueillement où la solitude et le silence acquièrent une extraordinaire concentration. 

    A l’opposé de la forêt obscure et sauvage qui suscite parfois appréhension et crainte, se trouvent le jardin et le verger : aires apprivoisées et lumineuses. 

    Le jardin et le verger situés auprès des hommes entretiennent avec eux un rapport amical et comme symbiotique. 

    Ils sont des enclos d’innocence, des domaines d’amour. 

    Il existe un autre jardin : le jardin intérieur en quête de lumière. 

    Ce jardin intérieur est un espace du cœur enclos dans des limites bien précises. 

    Il est riche en contenus psychiques. 

    Il se situe presque en lisière de notre mémoire. 

    Il est l’espace vibratoire de notre âme. 

    Il est un signe de fécondité. 

    La quête de lumière : 

       C’est être attentif aux messages du cœur. 

       C’est être à l’écoute de soi et de l’autre. 

       C’est tenter d’intégrer les contraires. 

     

    Peu à peu les bruits qui m’entourent, se taisent. 

    Un silence m’enveloppe. 

    J’ai franchi de nombreuses étapes par la marche et par l’esprit. 

    J’abandonne mon ego. 

     

    Le temps  de la communion est venu, avec ce qui nous touche au plus subtil, au plus impalpable. 

    Cet abandon du corps et de l’esprit, me permet d’entrer avec le suprême. 

    J’entre dans un espace infini où tout existe, naît et disparaît. 

    Un espace que je ne peux ni voir, ni toucher, ni sentir, ni entendre. 

    Il est au-delà de toute dimension. 

    Certains le nomment Dieu et si l’on y atteint, il nous renvoie à l’homme et là où est l’homme on y rencontre Dieu. 

    Dans de nombreuses traditions, la progression spirituelle de l’homme est symbolisée par l’ascension d’une montagne. 

    Un arc-en-ciel immense vient d’apparaître. Il semble relier la terre au ciel. 

    Pour certaines religions il est un symbole puissant de la communication entre les hommes et les dieux. 

    Dans la tradition chrétienne, il symbolise le pardon divin et l’alliance conclue entre Dieu et l’humanité, parce qu’il est apparu à Noé à la fin du déluge, après que l’arche contenant deux représentants de toutes les espèces vivantes, s’échoua sur la terre ferme.  

    En regardant avec émotion ce superbe arc-en-ciel, je me souviens de la signification des sept couleurs de l’arc-en-ciel. 

    Il représente pour les chrétiens les sept dons du Saint-Esprit à l’Eglise : 

        Les sacrements, 

    La doctrine, 

    L’office, 

    Le gouvernement, 

    La prière, 

    La capacité de lier 

    Et celle de délier. 

    Et c’est en pensant au poète Luc ESTANG, qui écrivait : 

    Regarde les nouveaux pâturages du ciel 

    Pleines de sautes de vent avec ces longs appels 

    Que porte jusqu’en nous l’odeur des transhumances : 

    C’est une autre saison de l’âme qui commence. 

    Que je tourne la page de mon Carnet de Promeneur. 

     

     Pokhara (Népal) avril 1977  

     Poèmes*8*

     

     

     


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