• Traces de lumière*8*

     

    Traces de lumière*4*

    (suite)

     

     
     

    Lundi 11 février 2008  -Georges-Frédéric HAENDEL, Le Messie :

     HAENDEL écrit Le Messie sur un texte de la Bible- Le Messie, c’est Jésus-Christ, dont la venue est annoncée par l’Ancien Testament. Le livret de l’oratorio Le Messie bien structuré est clair et cohérent. La première partie chante la Nativité en s’appuyant sur les Evangiles et sur les Psaumes. La deuxième partie relate la Passion telle que la transcrivent les Psaumes encore mais aussi SAINT-PAUL et les Prophètes. La troisième partie met en scène la Résurrection d’après SAINT-PAUL toujours. HAENDEL en nous relatant La Passion et la Résurrection du Christ nous propose aussi une réflexion sur la rédemption de l’humanité, sur le combat de la lumière et des ténèbres, et enfin sur la relation entre Dieu et les hommes.

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     Lundi 18 février 2008 -SAINT-JOHN PERSE, C’étaient des grands vents :

     Prix Nobel de littérature en 1961 SAINT-JOHN PERSE est l’auteur d’une importante œuvre poétique.

    Dans Eloges le poète montre une imagerie patriarcale où les nourritures terrestres abondent, où chaque instant de la vie est transposé et magnifié.

    Anabase est le poème essentiel de la conquête et de l’incessante création. Epopée civilisatrice, il figure le cheminement de l’homme à la poursuite de l’idéal, reculant sans cesse les voies du possible, allant d’une découverte à une autre découverte, d’une création à une autre création par elle suscitée. Sans fin.

    Le poème Exil ne serait pas né sans doute sans l’histoire, celle du drame de 1940. Le poète se mesure à la société humaine, à la tragédie des hommes déchirés. Poème de l’angoisse et de la solitude.

    Trois poèmes complètent Exil : Pluies- Neiges- Poème à l’étrangère-

    La pluie exprime la purification et la promesse de germination. Dans Neiges apparaît davantage l’émotion de l’exilé qui ne veut pas élever sa plainte comme si la neige la feutrait de son silence.

    Le recueil Vents est l’épopée cosmogonique d’une force naturelle. Les vents façonnent et animent l’univers. Le poète s’en fait le chroniqueur. Ce poème cosmique met en jeu la double épopée des forces naturelles et des forces spirituelles.

    Le recueil Amers vaste poème en trois volets : Invocation- Strophe- Chœur – accompagnés d’une Dédicace, donne à l’épopée un nouvel essor.  L’homme étant réconcilié avec ses désirs s’ouvre au souffle du large, et devant l’ampleur du mouvement. Toute la poésie de SAINT-JOHN PERSE est mouvement.

    Avec Chronique, dans un chant plus intime le poète revient à l’homme lui-même, dans son honneur et sa précarité.  Le chant plus intériorisé, plus concentré, apporte l’apaisement d’une pensée frémissante et ouverte.

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     Lundi 25 février 2008  -Jacques BREL, Il nous faut regarder :

     Chanteur, poète, compositeur, il transcendait ses interprétations en vivant sur scène ses colères, ses amours, ou ses déceptions comme l’aurait fait un grand tragédien. Aucun mot n’est trop fort pour décrire ce que son corps dégingandé, aux bras interminables, son visage parfois déformé à force d’expressivité, peuvent encore aujourd’hui, faire éprouver aux nouvelles générations qui le découvriront.

    Quelques citations de BREL :

     « Je hais la prudence, elle ne vous mène à rien.

     Il y en a qui ont le cœur si large qu’on y entre sans frapper. Il y a qui ont le cœur si  frêle qu’on le brise d’un doigt.

     Mais tu n’es pas le Bon Dieu, toi. Tu es beaucoup mieux, tu es un homme.

     Aimer jusqu’à la déchirure,

     Aimer même trop, même mal,

     Tenter sans force et sans armure

     D’atteindre l’inaccessible étoile…

     Je hais tout ce qui est soumis. Je déteste l’homme assis. »

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     Lundi 3 mars 2008  -Arthur RIMBAUD, L’alchimie du Verbe :

    « À moi. L'histoire d'une de mes folies.

    Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.

    J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

    Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.

    J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.

    Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges. »

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    Lundi 10 mars 2008  -Charles BAUDELAIRE, Les tourments de l’âme : 

     

    « SPLEEN IV                                                                

     

     Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
       Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
       Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
       Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

       Quand la terre est changée en un cachot humide,
       Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
       S'en va battant les murs de son aile timide
       Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

       Quand la pluie étalant ses immenses traînées
       D'une vaste prison imite les barreaux,
       Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
       Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

       Des cloches tout à coup sautent avec furie
       Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
       Ainsi que des esprits errants et sans patrie
       Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

       - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
       Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
       Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
       Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »

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     Lundi 17 mars 2008  -Claude MONET, Impression soleil levant :

     MONET raconte : « Je ne pouvais pas vraiment l’intituler Vue du Havre, aussi ai-je dit : Mettez Impression ». En voyant ce tableau le critique d’art Louis LEROY s’écria : « Que représente cette toile ? Impression, soleil levant… Impression j’en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans. » De cette plaisanterie naît le sobriquet impressionnisme. Ce tableau est considéré comme le point de départ de l’Impressionnisme.

    La composition de ce tableau de MONET se caractérise par l'horizontalité du paysage et le partage de l’image en tiers, le tiers supérieur étant consacré au ciel et les deux tiers inférieurs au port et à la mer. Tout est esquissé, il n’y a aucun détail, les silhouettes des bateaux se détachent à peine du reste du tableau, baigné dans le flou de l'atmosphère du grand port. Ce sont les effets de l’air, de l’eau, de la lumière et des reflets qui intéressent MONET. Ils sont le réel sujet du tableau. Les variations de tous ces éléments, fugitives, sont saisies dans l’instant par le peintre. Il pose la peinture sur la toile par petites touches de couleur parfois épaisses (empâtements). Elles se mélangent directement sur la toile par juxtaposition, côte-à-côte, et non plus sur la palette comme le faisaient les peintres avant lui. Ainsi, à distance, l’œil mélange lui-même les couleurs : c’est le mélange « optique ». Monet peignait dehors, d’après nature, pour mieux s’imprégner de l’atmosphère du paysage.

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     Lundi 24 mars 2008   -TCHAÏKOVSKI, L’âme russe :

     La plupart des critiques musicaux ont décrit le compositeur Piotr Ilich TCHAÏKOVSKI comme un être hypersensible et tourmenté, en proie à un déchirement intérieur permanent et qui ne connut jamais la sérénité. Il porte en lui les tentations, les espoirs, les échecs, la nostalgie de pureté qu’il prête aux personnages de ses opéras et de ses ballets et malheureusement aucun succès ni honneur ne purent jamais l’apaiser.

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     Lundi 31 mars 2008  -Rabindranath TAGORE, Poète du Bengale :

     Doué d’une vitalité débordante TAGORE héberge dans son cœur la révolte et l’impétuosité du Bengali. Il participe activement aux manifestations contre le partage du Bengale et il compose des chants patriotiques. Dans ses poèmes que dans sa vie, il dénonce aussi bien : « Celui qui commet l’injustice et celui qui la tolère. »

    Sa grande sérénité lui confère une rare grandeur. Pour lui la mort n’a pas de mystère. Il ne fuit pas la souffrance. Parmi ses chants qui inspirent courage à GANDHI, je note : « Cet encens que je suis ne dégage pas de parfum sans qu’on le brûle, cette lampe que je suis n’émane pas de lumière sans qu’on l’allume. »

    En 1913, il obtient le Prix Nobel de littérature. TAGORE possède le ton de convertir la souffrance en joie. Dans la plupart de ses écrits il veut découvrir son Dieu de beauté dans la nature, dans le corps, dans la pensée, dans la parole et dans l’acte, et il veut imposer à la vie une transformation pour qu’elle devienne belle dans sa totalité.

    Dans son livre SÂHANÂ, on trouve toute la pensée de TAGORE. Il écrit en particulier : « D’un certain point de vue l’homme de science sait que le monde n’est pas seulement ce que nos sens perçoivent. Il sait que la terre et l’eau sont en réalité le jeu de forces qui se manifestent à nous comme terre et comme eau, sans que nous puissions nous l’expliquer. De même, l’homme pour qui la vision spirituelle s’est ouverte sait que l’ultime vérité de la terre et de l’eau réside dans notre appréhension de la volonté éternelle qui œuvre dans le temps et prend forme dans les forces qui revêtent pour nous ces aspects. Et ce n’est pas uniquement de la connaissance, comme l’est la science, c’est une perception de l’âme par l’âme. Cela ne nous confère pas un pouvoir, comme le fait la connaissance,  mais cela nous donne de la joie… L’homme que la connaissance du monde ne conduit pas plus loin que ne peut le faire la science ne comprendra jamais ce que l’homme doué de vision spirituelle peut trouver dans ces phénomènes naturels. Pour ce dernier, l’eau ne lave pas seulement ses membres, elle purifie son cœur car elle touche son âme. La terre ne soutient pas seulement son corps, mais elle réjouit son esprit, car le toucher est plus qu’un contact matériel, c’est une présence vivante. Lorsqu’un homme ne se rend pas compte de sa parenté avec le monde, il vit dans une prison dont les murs lui sont hostiles. Lorsqu’il trouve en toutes choses l’esprit éternel, il est émancipé, car il découvre alors la pleine signification du monde où il est né ; il se trouve dans la vérité parfaite, et son harmonie avec l’univers est assurée. »

     

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