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    Traces de lumière*4*

    (suite)

     

     

    Lundi 7 avril 2008    -Le SOLEIL DES SOLITUDES : 

     Lecture de quelques poèmes extraits de mon dernier recueil de poésie qui a pour titre : Le soleil des solitudes 

     LE SOLEIL DES SOLITUDES 

    Le soleil des solitudes est entré en moi en me nourrissant : 

    De longues lectures à déchiffrer, de la science du beau, de pensées délirantes, 

    De rêves oniriques, de musiques profondes et de peurs ancestrales. 

    Il m’imprègne de ses métamorphoses qui appartiennent à l’élémentaire, 

    Au règne sauvage des forces telluriques et célestes, à l’alpha et à l’oméga. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi au travers de mes codes génétiques et chromosomiques. 

    Il m’adresse des testaments vivants, et des messages des mondes antérieurs. 

    Il est dans la respiration et dans l’inspiration des rumeurs lointaines. 

    Il hume les vapeurs des sensibilités séculaires. 

    Il me baigne dans les ondes murmurantes d’un passé reculé. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi en charriant les eaux de la nuit des temps. 

    Cette eau qui témoigne de la création du monde,  du commencement de tout. 

    Elle deviendra plus tard un symbole de purification et de baptême. 

    Elle transporte toutes les passions, et épure tous les ferments de discordes. 

    Elle sauve l’arche d’alliance et elle reflète sans fin les couleurs de l’arc-en-ciel. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi en faisant jaillir : 

    Le feu générateur dans le magma du monde qui se forme et se déforme. 

    Il peut se transformer en feu protecteur, destructeur ou libérateur. 

    Il devient créateur lorsqu’il surgit des entrailles de la terre et des forges sombres. 

    On le craint car il peut être le rougeoiement final d’une fin rédemptrice. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi en martelant : 

    Le fer en signe d’allégeance ou de vengeance. 

    Il est un instrument du destin.  

    Il défend l’immortalité des dieux, mais sa brisure est signe de mort. 

    Il repose à jamais sur la blessure toujours saignante de la passion. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi parce qu’il donne naissance à la terre  nourricière. 

    Cette terre-mère qui est la mémoire ancestrale des hommes et des dieux. 

    Une terre qui survivra à toutes les apocalypses, aux cataclysmes,  

    Aux guerres et même aux crépuscules des dieux. 

    Elle porte aussi le double signe de la félicité ou de la damnation. 

     

    Le soleil des solitudes est entré en moi en créant le ciel. 

    Le ciel est un monde sans temps et sans limite. 

    Il recouvre la terre pour unir le terrien à l’aérien. 

    C’est vers le ciel que s’élèvent les prières, les suppliques et les chants sacrés. 

    On attend toujours la clémence du ciel et même un présent du ciel. 

     

    Le soleil des solitudes est entré en moi par la nuit : 

    Qui éveille les forces occultes, obscures et nuisibles. 

    Mais dans cette nuit de souffrance, j’ai vu les faisceaux de symboles 

    Qui illuminent et enrichissent le palais de lumière. 

    Cette nuit d’inquiétante pesanteur finit par accoucher du jour. 

    Le soleil des solitudes est entré en moi en présentant  

    Toutes les amplitudes de la vie et de la mort. 

    On passe de l’extrême au suprême en pénétrant dans les cercles de la béatitude. 

    On peut atteindre la nuit illuminée où il n’y a plus ni mort, ni vie 

    On peut retrouver pour son âme la pureté perdue par les enchantements. 

    *********************************** 

     Lundi 14 avril 2008 -Henri MICHAUX, L’explorateur de l’inconscient et du rêve :

    Henri MICHAUX dit : « J’écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l’aventure d’être en vie. » On considère le poète MICHAUX « comme le marieur de l’extrême violence et de l’exquise douceur, de la randonnée cosmique et du mirage des continents de feu dans le souvenir des magies ancestrales vivant dans le cœur inquiet de l’homme civilisé. Forceur d’intensité, ce rebelle rythme les harmonies de formes nouvelles et évocatrices de l’ailleurs et de l’au-dedans, donnant à la poésie sa plus belle aventure. » 

    Dans le recueil Qui je fus, tous les thèmes sont présents, tous les fantasmes, toutes les recherches d’un passage, d’un détournement du piège de l’existence tout cela traduit dans multiples ressources de la parole éclatée puis unie, burlesque et grotesque dont le but étant une délivrance. 

    Le  recueil Ecuador est plus proche d’un carnet de bord ou d’un journal de route où l’on trouve un ensemble de notations, d’ébauche de descriptions des paysages entrevus. Une sorte de voyage avec ses rencontres, ses réflexions, ses pensées,  ses exclamations et aussi suivie de narrations de faits, qui donne un éclat vif aux poèmes. 

    Voici un extrait du recueil Mes propriétés d’Henri MICHAUX : « Dans mes propriétés, tout est plat, rien ne bouge ; et s'il y a une forme ici ou là, d'où vient donc la lumière ? Nulle ombre. Parfois, quand j'ai le temps, j'observe, retenant ma respiration ; à l'affût ; et si je vois quelque chose, je pars comme une balle et saute sur les lieux, mais la tête, car c'est le plus souvent une tête, rentre dans le marais ; je puise vivement, c'est de la boue, de la boue tout à fait ordinaire ou du sable, du sable... Ça ne s'ouvre pas non plus sur un beau ciel. Quoiqu'il n'y ait rien au-dessus, semble-t-il, il faut y marcher courbé comme dans un tunnel bas. Ces propriétés sont mes seules propriétés et j'y habite depuis mon enfance et je puis dire que bien peu en possèdent de plus pauvres. Souvent je voulus y disposer de belles avenues, je ferais un grand parc...
    Ce  n’est pas que j’aime les parcs, mais…tout de même. 

    D'autres fois (c'est une manie chez moi, inlassable et qui repousse après tous les échecs), je vois dans la vie extérieure ou dans un livre illustré un animal qui me plaît, une aigrette blanche par exemple, et je me dis : ça ferait bien dans mes propriétés et puis ça pourrait se multiplier, et je prends force notes et je m'informe de tout ce qui constitue la vie de l'animal. Ma documentation devient de plus en plus vaste. Mais quand j'essaie de le transporter dans ma propriété, il lui manque toujours quelques organes essentiels. Je me débats. Je pressens déjà que ça n'aboutira pas cette fois non plus ; et quant à se multiplier, sur mes propriétés, on ne se multiplie pas, je ne le sais que trop. » 

    Toute une succession de livres vont suivre  qui sont autant d’étapes d’un itinéraire extra-littéraire, une invitation à la mobilité, à l’aventure et à la remise en questions permanentes, un refus de se complaire, de stagner, « et l’on découvre un univers d’exil et de douleur insoutenable traversé par les pouvoirs d’un esprit conscient, libre et sans illusions, cela au moyen d’une langue nette, incisive jusqu’à la cruauté, libre et allant de l’emploi du pré-langage à la splendeur métaphorique, hardie, avec une vie réelle, une mythologie et une symbolique exorcisantes, des armes contre les forces hostiles, une manière de rejoindre secrètement l’universel à partir de la lutte individuelle. » 

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     Lundi 21 avril 2008 -L’ARBRE DE JESSE, Vitrail de la Cathédrale de Chartres : 

    Extrait du  guide de la cathédrale de Chartres : « Le vitrail de l’arbre de Jessé constitue, avec les deux autres vitraux du XIIe siècle de la façade occidentale, une suite consacrée à l’histoire de Jésus-Christ.
    Le thème de ce vitrail est inspiré de deux écrits : Une prophétie d'Isaïe, annonçant ainsi la venue du Christ :
    « Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur… » (Is 11, 1-2)
    Et, au chapitre 1 de l’évangile selon saint Matthieu, la généalogie du Christ où il est écrit que « Jessé engendra le roi David », vingt-huit générations se succèdent ensuite jusqu'à la naissance du Messie.
    La racine de cet arbre est Jessé, la fleur est la Vierge Marie et le fruit Jésus, Messie, fils de David.
    Il illustre l'enracinement de Jésus dans l'histoire d'un peuple et le Christ revendique sa filiation dans l'Apocalypse de saint Jean : « Je suis le rejeton de la race de David » (Ap 22, 16).
    L’artiste a interprété au plus près le texte prophétique : le Christ trône au sommet d’un arbre qui plonge ses racines dans le corps de Jessé ; dans les fourches des branches se tiennent les rois de Juda, puis Marie.
    Sept colombes entourant le corps du Christ symbolisent les dons de l’Esprit-saint cités dans le texte d’Isaïe.
    De chaque côté se superposent les prophètes qui ont annoncé le Messie ; les pieds nus, ils tiennent des banderoles sur lesquelles leurs noms sont inscrits ; la main de Dieu ou la colombe qui descend au-dessus de leur tête les désigne comme des inspirés.
    Ce vitrail est situé du côté nord, côté de l’ombre et de l’attente. Il se détache sur un fond d’un bleu profond, le fameux « bleu de Chartres » spécifique au XIIe siècle. Son importante bordure ornée d’entrelacs et de motifs végétaux lui confère une certaine richesse. » 

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     Lundi 28 avril 2008  -François VILLON Le Testament du pauvre : 

    Le Grand Testament de François VILLON est une œuvre variée et colorée, une sorte de chronique du 15ième siècle. Le poète nous parle. Il dit : « Voici l’homme ! » Et nous le découvrons ni ange, ni bête, regrettant ses fautes et soucieux du rachat. Il est l’observateur inquiet de sa propre existence et il fait preuve d’une émotion vraie.

    L'Epitaphe de Villon, ou La Ballade des pendus, est considéré comme le testament du poète (il l'écrit alors qu'il s'attend à être pendu). C’est l'expression d'une émotion sincère justifiée par l'existence tourmentée du poète. Mais VILLON y donne la parole à des pendus fictifs qui proclament l'universalité du genre humain, invitant ainsi le destinataire à s’identifier au sujet de l’énonciation et à se placer sous le regard de Dieu.

    Frères humains qui après nous vivez,
    N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard,
    Car si vous avez pitié de nous, pauvres,
    Dieu aura plus tôt miséricorde de vous.
    Vous nous voyez attachés ici, cinq, six:
    Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie,
    Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie,
    Et nous, les os, devenons cendre et poussière.
    De notre malheur, que personne ne se moque,
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

    Si nous vous appelons frères, vous n'en devez
    Avoir dédain, bien que nous ayons été tués
    Par justice. Toutefois vous savez
    Que tous les hommes n'ont pas l'esprit bien rassis.
    Excusez-nous, puisque nous sommes trépassés,
    Auprès du fils de la Vierge Marie,
    De façon que sa grâce ne soit pas tarie pour nous,
    Et qu'il nous préserve de la foudre infernale.
    Nous sommes morts, que personne ne nous tourmente,
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

    La pluie nous a lessivés et lavés
    Et le soleil nous a séchés et noircis;
    Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
    Et arraché la barbe et les sourcils.
    Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
       De ci de là, selon que le vent tourne,
    Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
    Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
    Ne soyez donc de notre confrérie,
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

    Prince Jésus qui a puissance sur tous,
    Fais que l'enfer n'ait sur nous aucun pouvoir :
    N'ayons rien à faire ou à solder avec lui.
    Hommes, ici pas de plaisanterie,
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.

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    Lundi 5 mai 2008 -Khalil GIBRAN, Le Prophète :

    Le livre de Khalil GIBRAN est un véritable hymne à la vie et à l’épanouissement de soi. Il est imprégné d’un mysticisme oriental et d’une culture occidentale. Il évoque et vulgarise quelques leçons de la vie quotidienne L’amour, le mariage, le don, le travail, le crime et le châtiment, la liberté, la douleur, la connaissance de soi, l’amitié, l’importance de la parole, la beauté, la religion…) Voici  un extrait du Prophète

    « Altamira reprit : parle-nous de l'Amour.
    Il releva la tête, considéra la foule, soudain tranquille. Il parlait d'une voix puissante :
    Quand l'Amour te fait signe, suis-le,
    Même si ses voies sont escarpées et pénibles.
    Quand ses ailes te couvriront, cède-lui,
    Même si te blesse l'épée cachée dans ses ailerons.
    Lorsqu'il te parlera, crois-le,
    Même si sa voix dévaste tes rêves, tel le vent du Nord au jardin.
    Car l'amour couronne, mais il te crucifiera aussi. Il servira à ta croissance comme à ton ébranchage.
    S'il jaillit jusqu'à ta cime, caresse tes branches très tendres qui frémissent au soleil,
    Il descendra jusqu'aux racines pour secouer leur étreinte dans la terre.
    Telles des gerbes de blé il te recueille en lui.
    Il te bat pour te mettre à nu.
    Il te passe au crible pour t'affranchir des mortes peaux.
    Il te moud jusqu'à la blancheur.
    Il te pétrit pour une parfaite fluidité ;
    Enfin, il te confie à son feu sacré, que tu deviennes le pain sacré de Dieu.
    Tout cela, l'amour vous le fera afin que vous sachiez les secrets de votre cœur et deveniez, par cette connaissance, un fragment du cœur de la vie.
    Mais pénétré de crainte, tu voudrais ne chercher que la paix et le plaisir de l'amour,
    Alors il vaut mieux couvrir ta nudité, passer au large de son aire,
    Dans ce monde sans saison où tu riras, mais pas de tout ton rire, pleureras, mais pas de toutes tes larmes.
    L'amour ne donne rien que lui, ne prends rien que lui.
    L'amour ne possède pas et ne veut pas l'être ;
    Car il se suffit à lui-même.
    Quand tu aimes, tu ne saurais dire : " Dieu repose dans mon cœur ", mais plutôt : " Je repose dans le cœur de Dieu. "
    Et ne crois pas pouvoir diriger le cours de l'amour car c'est lui, s'il t'en trouve digne, qui te dirigera.
    L'amour n'a pas d'autre désir que de s'accomplir.
    Mais si tu aimes et s'il te faut nourrir des désirs, aie donc ceux-ci :
    Fondre et courir comme le torrent qui chante pour la nuit.
    Connaître la douleur d'une trop riche tendresse.
    Etre blessé par ta propre compréhension de l'amour ;
    Saigner volontiers et dans la joie.
    T'éveiller à l'aube, le cœur ailé, rendre grâces pour ce nouveau jour d'amour ;
    Reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ;
    Regagner ton gîte le soir, avec gratitude ;
    Puis t'endormir avec au cœur une prière pour la bien-aimée, la louange sur les lèvres. »

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    Lundi 12 mai 2008 -Mémorial de l’Île Noire, Pablo NERUDA :

    Le recueil Mémorial de l’Île Noire, de Pablo NERUDA est une autobiographie poétique, sorte de méditation lyrique sur une vie inquiète consacrée à l’action et à la poésie. Deux poèmes extraits de ce recueil :

    « LA POÉSIE

    Et ce fut à cet âge... La poésie
    vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
    Je ne sais ni comment ni quand,
    non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
    des mots, ni le silence :
    d'une rue elle me hélait,
    des branches de la nuit,
    soudain parmi les autres,
    parmi des feux violents
    ou dans le retour solitaire,
    sans visage elle était là
    et me touchait.
    Je ne savais que dire, ma bouche
    ne savait pas
    nommer,
    mes yeux étaient aveugles,
    et quelque chose cognait dans mon âme,
    fièvre ou ailes perdues,
    je me formai seul peu à peu,
    déchiffrant
    cette brûlure,
    et j'écrivis la première ligne confuse,
    confuse, sans corps, pure
    ânerie,
    pur savoir
    de celui-là qui ne sait rien,
    et je vis tout à coup
    le ciel
    égrené
    et ouvert,
    des planètes,
    des plantations vibrantes,
    l'ombre perforée,
    criblée
    de flèches, de feu et de fleurs,
    la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.
    Et moi, infime créature,
    grisé par le grand vide
    constellé,
    à l'instar, à l'image
    du mystère,
    je me sentis pure partie
    de l'abîme,
    je roulai avec les étoiles,
    mon cœur se dénoua dans le vent. »

    « JE t'ai RÊVEE un SOIR...

    Femme, songe où fusionnent toutes mes fictions,
    tu as vibré comme réelle dans mes nerfs;
    pleurant dans mes sentiers de l'illusion perdue,
    j'ai senti m'effleure ta beauté inconnue.

    En flétrissant mes rêves et mes folles chimères
    je t'ai forgée à brides de ciel et de chair,
    comme une résurgence ou pareille au printemps
    dans la forêt de tant d'aberrants idéaux...

    Ta chair divine et parfumée, je l'ai rêvée
    au milieu des tourments morbides de mon être;
    et bien que floue, je sais, Aimée, comment tu es,
    fiction faite réalité en chair de femme...

    Je te cherche dans les yeux de toutes les femmes,
    je te cherche et jamais n'ai pu te rencontrer.
    Dans ma désillusion s'abrite l'illusion
    que tu es ou seras plus belle qu'aucune autre.

    Mes rêves te voudront éternellement mienne,
    jaillissant de la nuit de toutes mes tristesses,
    germe de joies étranges qui aviveront
    la flamme que répand ta beauté inconnue. »  

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