• Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

       

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

    Salle Pétrarque

     de 18 h. à 21 h. * Entrée Libre

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    Salle Pétrarque

     

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

    Quelques poèmes lus dans la soirée du jeudi 9 février 2017

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    Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    Bocage mouillé

    Marais languissant

    Brumes levées

    Des matins lancinants

    Regrets

    Devant les pelles affutées

    Visiteur indiscret

    Surprend l’invisible

    Temps ralenti

    Au fil des chemins d’eau

    O marais de l’enfance

    Suspendus

    Aux bribes de l’indifférence

    Reconnaître la terre

    Nourriture de l’âme

    Plonger dans la beauté

    Du silence

     Et de la mémoire

     Mireille REYRE

    Salle Pétrarque*poèmes*2* 

     

    Monsieur FIDELIO

    L’amour, en ce jour finissant,
    A pris la forme de la nuit,
    Fantôme gris sous les rayons de lune,
    Sa cravate zébrant l’air d’un éclair rouge.
    Dans le halo des réverbères
    Il avance, courbé par le souffle de l’hiver,
    Cheveux et moustache en bataille,
    Un bouquet sous le bras,
    De quoi a-t-il l’air ?
    Il hésite à avancer :
    Dans sa redingote givrée,
    Peut-il se présenter ?
    Son pas sur le gravier
    Qui crisse d’émoi.
    La sonnette réveillée
    Qui tintinnabule
    Dans le grand silence du soir
    D’une Saint-Valentin.
    Un cœur qui bat, qui bat, qui bat.
    Sur le palier, une porte s’ouvre, se referme.
    C’est la voisine qui reçoit.
    Alors Monsieur Fidélio sort de sa réserve,
    A pas feutrés, vers son destin,
    Servi sur fond de dentelle et porcelaine.
    Monsieur Fidélio savoure,
    Longuement, un mets des plus fins,
    Puis s’étire et repart vers son coussin.
    Au petit matin, à l’aube d’un jour
    Qui meurt avant de naître,
    Dans les lambeaux de brouillard
    Effilochés au long des rues, au coin des fenêtres,
    Les voisins se sont disputés.
    Chacun est reparti de son côté.
    Monsieur Fidélio, par le bruit réveillé,
    Baille puis ronronne,
    Plissant les paupières de bonheur
    Sur la sérénité de sa vie :
    Il n’a jamais eu qu’une seule maîtresse.

    Claudette BASSET

      Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    Où es-tu liberté, où es-tu ?

    Sur notre vieille terre, depuis son origine,

    Tous les êtres humains ont prononcé ton nom.

    Beaucoup d’entre eux pourtant, bien plus qu’on l’imagine,

    N’auront jamais connu que les murs des prisons.

     

    Pour le mineur de fond, cet enterré vivant,

    La liberté était un rivage inconnu.

    Quand il sortait du trou il avait cinquante ans,

    Et la mort l’attendait, rendez-vous convenu.

     

    La vie sans liberté a un nom : l’esclavage.

    On a vendu des femmes, on a vendu des hommes :

    On en fixait le prix en fonction de leur âge.

    On les livrait aux lions aux jeux du cirque à Rome.

     

    Le pouvoir et l’argent sont ses pires ennemis.

    Pour le luxe d’un seul, combien courbent le dos ?

    Pendant que sur la scène paradent les nantis,

    La liberté étouffe derrière le rideau.

     

    Ces femmes que l’on viole et qui prennent des coups

    Pour assouvir les mœurs de détraqués pervers,

    Où est leur liberté quand elles tremblent debout,

    Contraintes de subir les morsures de l’hiver.

     

    La liberté parfois pourrait bien être un leurre.

    Le marin solitaire qui affronte les flots

    A connu peu de joies et beaucoup de malheurs,

    Et souvent quand il rentre sa femme est en sanglots.

     

    Il est libre pourtant et assume son choix.

    Les mouettes l’accompagnent en escorte fidèle,

    Et quand ils sont au large il est un peu leur roi.

    Il a ce privilège de vivre sans tutelle.

     

    On pense l’oiseau libre simplement parce qu’il vole.

    Il est vrai qu’il est libre d’aller et de venir,

    Mais le chasseur toujours le dérange et l’affole.

    Deux coups de fusil claquent, son vol vient de finir.

     

    Bartholdi à New-York a sculpté sa statue,

    Symbole américain, phare du continent.

    Mais cette liberté les indiens l’ont perdue,

    Et en Arizona ne court plus que le vent.

     

    Dans les villes françaises elle a ses Avenues,

    De larges esplanades traversant les cités.

    Et souvent sur les tombes du soldat inconnu

    On a gravé son nom pour la postérité.

    Les tyrans, les despotes, les rois, les dictateurs,

    Et tous les assassins de notre liberté

    Etranglent les idées et les consciences pleurent.

    Les forçats ont toujours un boulet à leur pied.

     

    C’est pour la liberté, aux heures noires de l’histoire,

    Qu’on a pris les fusils au mépris du danger.

    Défendre la patrie, conserver les mémoires,

    C’est refuser de vendre son âme à l’étranger.

     

    On aime regarder musarder les saisons.

    Et quand la liberté le soir nous interpelle

    Dans les soleils couchant rougissant l’horizon,

    C’est pour qu’on n’oublie pas le sang versé pour elle.

     

    Aujourd’hui on est libres, mais qui sait si demain

    Nous n’allons pas changer de civilisation,

    Perdre nos libertés sur le bord du chemin

    Et partir vers l’exil pour fuir la soumission.

     

    La liberté enfin ce n’est pas l’anarchie ;

    Il faut la protéger contre les mauvais coups.

    Et c’est bien pour cela que dans la bergerie

    Il ne faut surtout pas laisser entre les loups.

     

    Toutes les libertés doivent être prudents,

    Mais la plus menacée est celle d’expression.

    Dire la vérité très souvent mécontente

    Ceux que cela dérange aux plus hautes fonctions.

     

    L’histoire nous a prouvé et le montre aujourd’hui,

    Que trop de liberté n’est pas la solution.

    Sans loi pour l’encadrer, dans le respect d’autrui,

    La vie deviendrait vite une hallucination.

     

    A force de tirer sur la corde sensible

    On oublie ses devoirs et les ailes on se brûle.

    Pour avoir toujours cru qu’elle était invincible

    La liberté souvent connaît son crépuscule.

     

    Liberté, liberté, ainsi tourne la ronde ;

    Et toi tu es battue, tu es écartelée.

    Si tu savais attendre que les morts te répondent,

    Tu serais à jamais derrière les barbelés.

     

    Lorsqu’arrive l’automne dans les premières brumes,

    Quand les traîne-misère s’approchent des églises,

    Quand le poète a peur et fait taire sa plume,

    La liberté est morte et le monde agonise.

    Jacques BASSET

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    La matrice


    Si la nuit étoilée pouvait arracher l'abysse pour déterrer l'obscurité et rejeter les maux brûlants sur des terres lointaines,
    Si la mer déchaînée pouvait emporter ce que le vent aspire de mes désirs maudits,
    Si les embruns pouvaient embaumer les morts avec des notes sucrées et des rires incessants,
    Si la houle enfiévrée voulait s'élever au-dessus des falaises pour arracher le ciel et tout son univers bleu,
    Si les non-dits déliaient leur langue un matin d'hiver sous la neige blafarde,
    Si la misère oubliait son refrain et que les guerres mourraient laissant les cicatrices du monde en paix,
    Si les corps disparus pouvaient encore s'étreindre à nuit tombée et sur la stèle éternelle,
    Si le silence pouvait hurler son désespoir, ses désaccords et que la révolte le faisait taire...
    &&&&&&&
    Si l'étang doré se mettait à chanter sous la pluie et sur mes larmes cachées,
    Si la stalactite pouvait échapper à la froideur figée sans pour autant en perdre sa grâce,
    Si l'adonis savait que la nuit n'est autre que la face cachée du jour,
    Si le mystère était peint sur un mur et que les passants lui tournaient le dos,
    Si l’abîme ouvrait des portes qui mènent à rien et que ce rien serait la vie,
    Si la chrysalide pouvait éloigner l'ennui en déployant ses ailes,
    Si la poésie pansait le monde y déversant sa beauté en soupirs alanguis,
    Si la clepsydre pouvait aspirer l'eau de la terre pour retenir le temps...
    &&&&&&&
    Si le bonheur s'alimentait à chaque soupir et sur chaque visage qui se déride,
    Si nos sourires s'arrachaient aux maux jadis suspendus et s'étendaient sur un chemin nouveau,
    Si le soleil parlait à la nuit, contant ses baisers brûlants qu'il aspire, sous la courbe lunaire,
    Si l'alchimie était une science inéluctable du reflet de mes yeux dans les tiens,
    Si le vent caressait la moiteur du désir pour y cueillir des fleurs secrètes,
    Si nos corps alimentaient le feu d'une cheminée particulière,
    Si la matrice s'ouvrait au nouveau monde sous la blancheur lactée...
    &&&&&&&
    Et si le crépuscule dessinait ton visage,
    alors, j'aspirerais l'océan de tes yeux,
    je laisserais la danse électrisante nous emporter
    dans un tourbillon abyssal
    où nos corps se délectent
    de sèves enivrantes.

    Virginia Blanco

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*

    1914

    La guerre de quatorze ! Il demeurait muet,
    Aussi j’ai longtemps cru qu’il ne l’avait pas faite !
    Aux lois de sa patrie il a payé sa dette,
    Mais tant de disparus, cela le remuait.

    Il ne supportait pas qu’on l’appelle la grande,
    Et il était honteux d’en être revenu
    Alors qu’à Douaumont l’espoir était ténu.
    Combien ont-ils laissé leur printemps en offrande ?

    Combien de sacrifiés, victimes du canon
    Dont le feu s’écrasait comme dans un déluge ?
    De l’effroi du carnage il pouvait être juge
    Recevant les blessés en modeste chaînon.

    Quand les obus tombaient, dans une pluie épaisse,
    Service de santé, il était loin du front.
    Parler des disparus lui semblait un affront,
    Eux seuls avaient fait don de leur prime jeunesse.

    Ne pouvant partager ce qu’il avait vécu,
    Il portait cette plaie au creux de sa mémoire.
    Il était le tombeau de la sinistre histoire
    Sans montrer de rancœur pour l’ennemi vaincu.

    Au fond d’un vieux tiroir, dans une vieille armoire
    Un jour j’ai découvert les photos d’un poilu
    A la moustache fière. Il n’a jamais voulu
    Qu’un récit du vécu paraisse dérisoire.

    Remplissant son devoir comme tout bon soldat
    Il posait fièrement devant son ambulance,
    Mais à ses yeux du moins cela valait silence,
    D’autant qu’il était loin d’un poste de combat.

    La guerre de quatorze, il ne l’avait pas faite
    Du moins je le croyais, il n’en parlait jamais !
    Il en avait trop vu, convaincu désormais
    Que toujours la victoire est près de la défaite.


    Bernard POULLAIN

     

     

    FARANDOLE

    La vie est à cueillir dans la beauté du temps,
    Sachons trouver la perle au creux de nos instants !

    Les fleurs étaient pour moi des tâches aux couleurs multiples sur le tapis vert des prés.
    J’ai voulu les apprivoiser, m’en faire des amis.
    C’est simple de se faire des amis, il suffit d’appeler chacun par son nom.
    Cela suffit.

    La campagne au printemps est un vibrant mystère
    Quand d’un sol écrasé aux froidures d’hiver
    Surgit un arc-en-ciel qui recouvre la terre
    De milliers de couleurs sur un grand tapis vert.

    Chaque fleur est un hymne au réveil de la vie,
    Tout se métamorphose imperceptiblement.
    Jusqu’au bout de nos sens pétille notre envie,
    On ne voit rien grandir, tout pousse doucement.

    Dès que la neige fond perce la primevère,
    Dans la discrétion elle est premier jalon
    Sur la terre assoupie après un froid sévère
    Du défilé sans fin égayant le vallon.

    Dès les frimas de mars, les magnolias précoces,
    Rappelant un passé qui revient pas à pas,
    Sur leurs bras dénudés posent leurs grands calices.
    Les sous-bois éblouis exposent leurs appâts.

    Instants de pure extase au jour qui s’illumine,
    Un air de renouveau suit le gel hivernal,
    Un doux ravissement au fond de soi culmine
    Face à l’explosion du sursaut germinal.

    Le forsythia jauni de flèches flamboyantes
    Emerge des buissons surpris de son éclat
    Eclipsant le soleil aux ardeurs hésitantes.
    Janvier est achevé, le printemps presque là !

    Sous l’ample voute mauve aux grappes élancées
    Sculptées sur le fond clair d’un ciel enfin bleuté,
    Distillant son parfum de senteurs enlacées
    Ce rêve de glycine est promesse d’été.

    Puis vient le cerisier dont les frêles pétales
    Tremblent au moindre vent. Leur sublime blancheur
    Se disperse aussitôt sous le fouet des rafales,
    Car aux ides de mars perdure la fraicheur.
    La rose est sans pourquoi dans sa magnificence,
    N’ayant rien à donner, si ce n’est sa splendeur
    Elle étonne toujours par sa belle élégance,
    Fière de sa beauté sans aucune pudeur.

    Si belle es-tu la rose, inattendu mirage,
    Ignorant qui tu es dans ta perversité,
    Caresse de velours que l’amour donne en gage,
    Epine torturant le galant dépité ?

    Les cloches dans les bois sonnent à la volée,
    Pour ce regain vital le grain meurt, fatigué.
    La campagne renait, de blanc auréolée.
    Vive le premier Mai ! On cueille le muguet !

    Les genêts buissonnants à la tige effilée
    S’ornent de gros bourdons préparant leur envol. Leur carène dorée à l’apparence ailée,
    Attire un papillon dansant d’un désir fol.

    « Forget me not ! » Dit le myosotis frêle,
    « Ne m’oubliez pas ! » Au cœur des éboulis
    Discret mais flamboyant, son bleu nous interpelle
    Bien plus que l’arrogance élégante du lys !

    Sur le haut d’une tige à l’allure assurée
    Oh ! Toi fleur des rochers dont j’ignore le nom
    Peut-être serais-tu la belle centaurée ?
    Sans doute ta beauté vaut plus que ton renom.

    Le discret bouton d’or et la gentiane amère,
    L’orgueilleux asphodèle et les rhododendrons,
    Chacun de ces bouquets est plaisir éphémère
    Envahissant les prés en joyeux escadrons.

    Puis le soleil brûlant épuise la nature,
    Le fruit est récolté, l’épi fournit le grain,
    La palette des tons alors se dénature,
    L’on sent au fond de soi monter comme un chagrin.

    Le colchique plaintif, ose à peine paraître,
    Annonçant les frimas aux chaleurs d’un été
    S’amoindrissant déjà. Ne serait-il pas traître
    Brisant l’illusion d’un temps d’éternité ?

    Le mistral tournoyant arrache chaque feuille,
    Dont le feu des couleurs, combat désespéré
    Est annonciateur d’un cycle qui s’endeuille.
    Elles jonchent le sol en rythme accéléré.

    Provoquant au milieu de la bise affermie
    Le camélia sort sous le givre hiémal
    Alors au fil du jour la forêt endormie
    Ecoute du pivert le toc-toc infernal.

    Ephémère regain, chaque beauté s’éclipse
    Après que d’être née. Une autre renaitra
    Complétant le cortège, éternité d’un cycle,
    Chaque espèce fait don d’un habit d’apparat.

    Cette suite sans fin par cette farandole
    Nous dit que toutefois du présent révolu
    Germera dans un an la nouvelle corolle,
    Renaîtra pour un temps, le bonheur absolu.

    Ce défilé charmeur s’égrène dans la boucle
    Des jours, semaines, mois. Alors rejaillira,
    Toujours renouvelé, cet éternel spectacle.
    Serais-je encore là quand le bourgeon viendra ?

    Homme toujours pressé pense au temps qui défile
    Chacun de ces bijoux est un cadeau de roi,
    Apprends à délaisser l’occupation futile
    Cultive en ton enclos le paradis en toi.

    Bernard POULLAIN

     

     

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