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    MUSIQUE

    mettez le son

     

     

    Salle Pétrarque * poèmes 2016

     

       

    Salle Pétrarque

     de 18 h. à 21 h. * Entrée Libre

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    Salle Pétrarque

    Depuis novembre 2008 

    La délégation régionale de la Société des Poètes Français organise
    le deuxième jeudi de chaque mois une soirée de poésie

    En première partie :
    Rencontre avec l'oeuvre d'un poète connu ou méconnu


    En deuxième partie :
    présentation d'un poète qui n'a pas encore publié ou qui vient de publier son premier livre
    Dans chaque soirée Scène ouverte aux poètes qui souhaitent lire ou chanter leurs textes.

    *
    Pour toute information : Christian MALAPLATE délégué régional
    – téléphone 0681076141 Christian.malaplate@wanadoo.fr

    Si vous désirez connaître les thèmes choisis en 2008/2010 et 2011/2012
    Vous pouvez me les demander

    Salle Pétrarque

     vous trouverez ci-dessous l'année en cours

    pour les autres années 2008 à 2015, elles sont disponibles

    sur simple demande

    Salle Pétrarque

    Salle Pétrarque

     

    Salle Pétrarque * poèmes 2016

     Poèmes des participants

    Poèmes de quelques participants à la soirée de poésie  du 8 décembre 2016

     

     

    Pieds nus sur la terre sacrée (textes des indiens d’Amérique du Nord)

    Pieds nus sur la Terre / Poème de Frédéric FEUTRIER

     

    Pieds nus sur la Terre dévoilée par les rayons d’un âge qui se lève mon âme rêve éblouie et insoumise dans l’aurore promise mon âme fière et altière

     Pieds nus sur la Terre environnée de mystère mon âme s’envole dans une danse folle tourbillonnant dans les nuages et la splendeur de l’éther

     

    Pieds nus sur la Terre hâlée dans le sillon de l’extase mon cœur s’embrase et répand ce parfum de mystère dans l’horizon ouvert

     Tel un regard clair posé sur le ciel la lumière d’une heure nouvelle déploie ses ailes

     

    Pieds nus sur la Terre sacrée Par une nuit sans âge la Terre dévoile son immémorial secret comme un insigne hommage 

     

    Pieds nus sur la Terre qui danse trainées d’étoiles profanées dans l’éclairage de villes damnées et l’ombre de leurs désirs fanés sur la tombe de l’inconscience

     

    Pieds nus sur la Terre sacrée sous le voile nacré des étoiles l’horizon blessé épanche le sang de son visage versé sur d’uniques paysages 

    Et les hommes s’affairent sous une pluie de fer noire comme les nuages d’un ciel d’orage

     

     Pieds nus sur la Terre sacrée dans le sillage de l’aurore l’humus s’évapore le flottement des sens en une légendaire clairière Non pas un mirage mais le voyage d’un homme sage Et lentement les bruits s’estompent tandis que dehors l’orage gronde

     

    Pieds nus sur la Terre sacrée j’écris ce chant pour tous Ses enfants unis par le même sang et pour tous les océans ce chant qui se perd   sous les rayons de la lune dans les tourbillons et l’amertume de l’écume nacrée

     

    Pieds nus sur la Terre sacrée l’encens de ces paroles s’élève en une intense parabole reflétant d’immémoriales secrets sous la lueur lactée des étoiles et dans la brume opalescente tandis que mon âme danse réveillant le mystère de la nuit dans le sanctuaire d’un amour infini 

     

    Pieds nus sur la Terre voilée par les vapeurs de l’aurore et la magie silencieuse de la nuit la flamme de ces paroles nourrit la Terre hâlée par les rayons d’un soleil et d’une passion sans souillure portés par une âme pure tel un orage sans nuages éclatant dans un ciel sans âge

     

     Pieds nus sur la Terre sacrée j’écris ce chant pour tous les temps j’écris ce chant à l’univers et à la Voie Lactée qui répand Sa Lumière dans nos cœurs pénétrés de mystère

     

     Je te sens en éveil près de moi.

      

    Je te sens en éveil près de moi.

    Tes longs cheveux reposent sur mon épaule.

    Ton visage se colore d’un rose tendre.

    Je prends dans ta main le goût de l’infini.

     

    Les coquelicots rougissent le pré

    Où serpentent silencieusement des rigoles.

    Le vent parfois couche les hautes herbes.

    Tout devient un tableau dans les pas d’un promeneur.

     

    Cette soif d’infini suscite tant d’angoisse

    Que j’ai peur de passer sans laisser de traces.

    Pourtant j’ai gravé mes initiales dans l’écorce d’un arbre jeune.

    Et mon cri se mêlera aux blancheurs d’un ciel si bas.

     

    Je tente d’ouvrir les portes des nuages sur le fil étiré de mes rêves.

    Je n’ai pas encore ressenti le goût acide de la séparation.

    Je ne veux pas que mon âme enténèbre le jardin de la passion.

    Sur les routes de la nuit je cherche le regard qui pardonne.

     

    Il y a le vent qui transporte l’odeur des terres parmi les branches des saisons.

    De longues confidences traversent des contrées vers une fenêtre côté levant.

    Ainsi commence le voyage pour saluer une terre libre

    Et dans une écriture secrète le temps livre de belles enluminures.

     

    Salle Pétrarque * poèmes des participants

     

     

     

     

    Christian Malaplate Mas du Gua 28 novembre 2016

     

    Paroles indiennes

    Apprends à observer. Chaque matin, la nature t’enseigne le retour de la vie. Chaque arbre est un objet de respect. Ne retiens pas les mauvaises pensées, les sentiments de colère, de crainte ou de culpabilité. Regarde les passer comme les oiseaux du ciel, sans laisser de traces.

    La paix n’arrive jamais par surprise. Elle ne tombe pas du ciel comme la pluie. Elle vient à ceux qui la préparent.

    La simplicité n’est jamais banale ni ennuyeuse. Sa richesse est infinie, sans cesse nouvelle pour celui qui regarde le monde avec des yeux neufs. Sois attentif au silence, protège-le car il contient tous les rêves des hommes.

    Descends en toi et tu découvriras des soleils oubliés par les hommes, qui pourtant n’ont jamais cessé de briller. Arrache les rideaux d’ombre, contemple l’univers dans son infinie sagesse.

    L’homme de sagesse ne se détourne pas de ses frères. Il les considère comme faisant partie de lui-même. Sans eux, il devient comme l’oiseau privé d’ailes, comme le poisson rejeté par la rivière, qui meurt asphyxié sur la berge.

    L’Indien préfère le doux son du vent s’élançant comme une flèche à la surface d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin.

    L’air est précieux à l’homme rouge car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l’arbre, l’homme, tous épousent le même souffle.

    La fraternité n’est pas réduite à la communauté des hommes, à son environnement immédiat. Elle s’étend jusqu’aux étoiles les plus lointaines.

    Quand tu médites, le ciel s’ouvre à l’intérieur de toi.

    Le guerrier est celui qui peut transformer, l'ignorance et l'agression en action juste. Parce qu'il comprend le processus de la pensée et les lois de la nature. Pour cela, Il n'a pas besoin d'armes.

     Salle Pétrarque * poèmes des participants

     

     

     

    Manuela Parra : Hommage au Poète Marcos Ana -Il y a quelques jours, à 96 ans la voix du Poète Marcos Ana se taisait à jamais. Un poète singulier qui nous offre une œuvre fondamentale d’amour en l’humanité. Ce jeune républicain espagnol de 18 ans, emprisonné dans les geôles franquistes en 1939, est resté libre. Et la prison n’a pas pu lui  ôter la liberté de penser, d’écrire sans cesse son amour de la liberté.

    -«Dites-moi comment est le baiser d’une femme,

    Donnez- moi le nom de l’amour,

    Je ne m’en souviens plus »

    «Dites-moi ce qu’est un arbre,

    Dites-moi le chant d’une rivière

    Quand elle se couvre d’oiseaux »

    Œuvres du Poète :

    Poèmas desde la cárcel

    España a tres voces

    Decidme como est un árbol

    Vale la pena de luchar….

    ...

    Mi casa y mi corazón                        Ma Maison et mon coeur

    Si salgo un día a la vida                                  Si je reviens à la vie

    mi casa no tendrá llaves :                               Ma maison n’aura pas de clé

    abierta siempre a los hombres,                                   Toujours ouverte aux hommes

    al sol y al aire.                                                Au soleil et à l’air.

     

    Que entren la noche y el día.                          Que le jour et la nuit y entrent

    Y la lluvia azul. La tarde.                               Et la pluie bleue et le crépuscule

    El rojo pan de la aurora.                                 Le pain rouge de l’aurore.

    El campo : sus verdes mástiles.                                  La campagne : ses fûts verts

     

    Que la amistad no detenga                             Que l’amitié n’arrête jamais

    sus pasos en mis umbrales.                            Ses pas sur mon seuil

    Ni la golondrina, el vuelo.                              Ni l’hirondelle son vol

    Ni el amor, sus labios. Nadie.                         Ni l’amour ses lèvres. Personne.

     

    La casa y el corazón                                       La maison et le cœur

    nunca cerrados : que pasen                            Jamais ne seront fermés : qu’ils passent

    los pájaros, los amigos,                                              Les oiseaux, les amis

    el sol y el aire.                                                Le soleil et l’air.

          

    Salle Pétrarque * poèmes des participants

                     

     

     

     

    Mère Nature -          Virginia BLANCO

    Je suis l'herbe fraîche

    Et la mousse sur le rocher,

    Je suis les pétales de fleurs

    Qui ne veulent obéir,

     

    Je suis la terre, le feu sacré,

    Le vent qui courbe,

    Je suis la mer qui enfante

    Les rêves des innocents,

     

    Je suis l'instant inassouvi

    Et puis le moment où tu crois

    Que le bonheur appartient aux anges

    Dans un vert bosquet.

    Je suis la rousse, la brune,

    La divine blonde aux yeux fermés,

    Pour mieux sentir la nature

    Me créer et chuchoter tout bas :

     

    Que la vie est en moi

    Et en toi aussi,

    Que le rêve n'est pas illusoire

    Si tu le crées avec tes doigts,

     

    Que le bonheur est à portée

    Si tu sais le déchiffrer,

    Que ta chance tu l'insuffles

    Si tu apprends la confiance.

     

    Je suis la vie

    Qui aspire

    Le tourbillon des éléments,

     

    Je suis le paradis qui jouit

    Avec les cieux

    Posés en ton sein.

     

    Je suis le tout,

    Tu es moi,

    Je suis la Terre Mère,

    Ne me dénature pas !

    ---------

    Attentive / Déchirée

     

    Je porte mes craquelures

    Dans un élan de survie

    Et aspire le monde

    Pour te l’offrir.

    Souffle de tourments

    Enlisé dans les méandres

    De l’imposture.

    Corps déchiré,

    Harmonie étrange

    Posée sur mon sourire

    Qui défie les Dieux.

    Rondeur du silence

    Sur ma poitrine ouverte

    Et mes entrailles

    Dénouant les aveux.

    Je suis assise

    Sur le socle de vie,

    Laissant l’empreinte

    De mon galbe nu.

     Salle Pétrarque * poèmes des participants

     

     

     

    Œuvre, Claude Balgalier texte : Virginia Blanco (Atelier littéraire à  Teyran le dimanche 20 novembre 2016)

     

    Une vie

     

    Le rouge-gorge posé

    Sur les rides du monde

    Eclaire son visage fatigué.

    Les pétales s’accrochent

    A la mélancolie

    Et les mots s’échappent

    Par ses prunelles bleues.

    Comment nommer l’indicible ?

    Comment nettoyer les erreurs ?

    S’accrocher à la branche de l’espoir,

    Laisser les corolles

    S’ouvrir à la nuit,

    Rejoindre l’autre rivage,

    Ôter le foulard bleu

    Pour adoucir ses traits

    Avec le poids de l’existence

    Comme seul ami.

     

    Ecoute ses prières !

    Ecoute le chant du rouge-gorge

    Qui fait renaître les vérités

    Et laisse les maux

    Se peindre à l’horizon,

    Figeant la beauté d’une vie.

     

    Œuvre Léo-Vinh- texte : Virginia Blanco (Atelier littéraire à Teyran le dimanche 20 novembre 2016)

     

     

    Salle Pétrarque * poèmes des participants

     

     

      

     

    A L'ENVERS

     

    Poète, ma terre tourne à l'envers !

     

    Soleil orange, planète bleu délavé,

    Mer gris pétrole, sable noir,

    Tes oiseaux englués, ailes si lourdes.

     

    Poète, peins les mots d'azur,

    Rêve à l'écume et à la vague,

    Retourne le sablier sur la plage désertée,

    Multiplie le pain à l'envi.

     

    Poissons retournés, boues rouges,

    Espèces disparues,

    Les fleurs pleurent leur abeille butineuse.

     

    Poète, laboure un sol toujours fécond,

    Sème tes graines fertiles,

    Dessine les pétales de la pensée,

    En ta main, un rameau d'olivier.

     

    Source, tu perds ton eau,

    Forêts détruites oubliées,

    Larmes du glacier épuisé.

     

    Poète, teinte de givre les glaces éternelles,

    Allume les étoiles,

    Réveille la brise de l'espoir,

    Écrit l'amour sur l'arc en ciel du printemps.

     

    Poète, ma terre tourne à l'envers !

     

     *

    VOICI VENIR LE TEMPS

     

    Voici venir le temps du marcheur.

    En tes mains la plume

    Bourdon patiné par le temps,

    Bâton d'espérance à la hampe d'olivier.

    Depuis toujours tu marches 

    Sous un ciel drapé de voiles roses,

    Semant des gouttes de lumière 

    Sur le bord du chemin.

     

    Voici venir le temps du veilleur.

    Tu trembles avec les cyprès sous le houppier,

    Quand le vent se déchaîne. 

    Tes mots affûtés à la cire d'abeille,

    Polis par la pensée,

    Sont emportés par un souffle de clarté.

    Dès que l'aube se pare d'une nouvelle robe,

    Tu cueilles le jour entre ombre et lumière.

    Sentinelles vigilantes, tes pépites d'espoir

    Éclairent la nuit des guerriers aveugles.

     

    Voici venir le temps du passeur.

    Avant que les nuages n'avalent les étoiles,

    Que le drap de la nuit n'étende son manteau de désespérance,

    Ton flambeau rougeoie jusqu'à tutoyer le ciel.

    Ton épée de lumière devient corne de brume,

    Façonne une petite brèche dans le mur opaque.

    Au loin l'horizon

    Tout au bout du jour.

     

     Nicole Portay

     

     Salle Pétrarque * poèmes des participants

     

     

     

     


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    Salle Pétrarque soirées 2017*1

     de 18 h. à 21 h. * Entrée Libre

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    Depuis novembre 2008 

    La délégation régionale de la Société des Poètes Français organise
    le deuxième jeudi de chaque mois une soirée de poésie

    En première partie :
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    En deuxième partie :
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    – téléphone 0681076141 Christian.malaplate@wanadoo.fr

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    pour les autres années 2008 à 2015, elles sont disponibles

    sur simple demande

     

    Salle Pétrarque

    Salle Pétrarque *  soirée 2017

    bonjour aux poètes et amis(es) de la poésie,

     La délégation régionale Languedoc-Roussillon de la Société des Poètes Français

    organise

     une soirée de poésie de 18 h. 00 à 21 h. 00

      Entrée Libre

     

    Au programme :

    Bonjour à toutes et à tous,

    Vous êtes cordialement invité(e) à notre soirée de poésie :

     Hommage à Jacques PREVERT Lumières d'homme

     

    Christian Malaplate Délégué régional Languedoc-Roussillon

     

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    Dans chaque soirée : scène ouverte aux poètes qui souhaitent lire ou chanter leurs textes.

    *
    Pour tous renseignements : Téléphone 0681076141 christian.malaplate@wanadoo.fr

    (blog traces-de-lumiere.eklablog.fr)

     

     

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    Christian Malaplate 

     

    Christian Malaplate

     

     

    Salle Pétrarque soirées 2017*1

     

     

     

     

     

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    Salle Pétrarque* poèmes *1*

     

     

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

     

       

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

    Salle Pétrarque

     de 18 h. à 21 h. * Entrée Libre

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    Salle Pétrarque

     

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

    Salle Pétrarque* poèmes 2017

    Quelques poèmes lus dans la soirée du jeudi 12 janvier 2017

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    Aux enfants de la guerre
    Qui souffrent sur cette terre
    Pour que cessent les canons
    Je pleure cette chanson

    Enfant de la Palestine
    Vos champs sont peuplés de mines
    Enfants de Syrie sans vie
    Vos camps sont à l’agonie

    Mal à l’occidental
    Mais qui mène le bal ?
    Psychopathes et technocrates
    Démoniaques en cravates

    Aux enfants sans père ni mère
    Des massacres entre frères
    Au Rwanda colonisé
    Hutus Tutsis sacrifiés
    Aux enfants victimes du sort
    Pour quelques paillettes d’or
    Morts dans l’enfer de la mine
    Ne verront jamais les cimes

    Mal à l’occidental
    Mais qui mène le bal ?
    Psychopathes et technocrates
    Démoniaques en cravates

    Aux enfants objets de vices
    Abusés de mille sévices
    Taiwan, Népal, Brésil, Vietnam,
    Voleurs violeurs sans âmes
    Dans les corps et dans les cœurs
    Sèment l’horreur et la terreur
    N’ont ni peur ni rancœur
    Sont des oiseaux de malheur

    Mal à l’occidental
    Mais qui mène le bal ?
    Psychopathes et technocrates
    Démoniaques en cravates

    Aux enfants qui sont les rois
    Ne connaissent ni faim ni froid
    Quelques vers vers la lumière
    Et des prières pour leurs frères

    Notre monde est odieux
    Que sont devenus nos dieux ?
    La vague brune nous menace
    Les bannis arrivent en masse

    Bal à l’occidental
    Mais qui sème le mal ?
    Pathétiques histériques
    Sous les bombes les maléfiques

     Simone RIVIER

     Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

     

     

    La pendule …

    S’est arrêtée ce 6 janvier
    la pendule de ta maison
    Te souviens-tu de mes chansons ?
    Toi qui aimais les beaux rosiers
    Et souriais aux premiers jours
    Où la rosée printanière
    Parfumait primesautière
    Les fleurs d’un jour, les fleurs d’amour
    Sous la gelée, l’abricotier
    Ne donnera plus de nectar
    Le soleil a pris du retard
    Et se meure le cerisier

    Je me souviens de tes folles rimes
    De tes yeux vifs et tes mains fines
    Ondulant sur la douce argile
    Funambule, pitre et mime
    Tel un poète circassien
    Jouant de tout en temps de guerre
    Au bout de la nuit la lumière
    Le feu du potier vallaurien

    Te souviens-tu de ces années
    Amis artistes surréalistes
    Sur la scène Picasso : le mythe !
    Tu attendais la renommée
    Les passionnés l’ont exprimé
    En fulgurances artistiques
    Volcaniques paroxystiques
    A l’ombre des cendres enterrées

    Je me souviens de mon enfance
    Rue Subreville, rue Clémenceau
    tes céramiques en petits pots
    Baie des anges, les vagues dansent
    sur la promenade des Anglais
    Nice étincelle sur les toiles
    Dufy, Matisse et Chagall
    Avec génie l’ont tant aimé

     

    Te souviens-tu de ce jardin
    Inspiré du « Douanier Rousseau »
    Pommes, noisettes et arbrisseaux
    Les bords de Loire et ses bons vins
    L’atelier du 150 !
    Rue George Sand et les Prébendes
    Ronsard Balzac et leur Big Band !
    Rabelais gargantuesque !

    J’ me souviens plus si c’était toi
    Un mirage ? un rêve ? Une voix ?
    Le vent du désert a soufflé :
    « La vie commence tous les jours »
    Alors cueillons les fleurs « amour »
    La rose des sables ne meure jamais !

    Simone RIVIER

     Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

      

     

    Métamorphose

    Le matin clair tintinnabulait aux volets clos.
    La fauvette lançait son appel adoucir les durs travaux.
    Alors Paolo jouait de la flûte traversière
    Sur cette note première.
    Magicien aux mains nues, il s’en allait sous la nue
    Essaimer le sourire du monde
    En voiles mauves chassant les vents contraires.
    La montagne étincelait d’azur, l’océan se faisait émeraude,
    Toute forme devenait joie
    Quand Paolo jouait.
    La jacquette de travers,
    Il prenait la tristesse à l’envers.
    Et son rire en trombe,
    Désamorçait les bombes,
    Pétrifiait le fanatique,
    Arrêtait une seconde le malheur de l’humanité.
    Son nez tout en haut d’une tour hallucinée
    Brillait dans la tempête comme un phare obstiné,
    Ramener un peu de sérénité.
    Un autre monde s’éveillait
    Quand Paolo riait.
    Funambule sur le fil de la vie,
    Il entamait la partition suspendue,
    Chantait l’espoir
    Retrouver la terre perdue
    Au bord du gouffre ou de l’abîme.
    On retenait son souffle de peur qu’il ne s’y jette,
    Repartait en vocalises et pirouettes,
    Effaçait les larmes sur le buvard des confetti
    On voyait s’éclairer un astre de vie
    Quand Paolo chantait.
    Sous son parapluie de facéties,
    Surprenait la planète aux mille facettes,
    Ciels tournants, ciels changeants
    Alors Paolo dansait
    Sur cette terre millénaire, chaussée de fragilité.
    Son panache ralliait quelque paix éphémère
    Sur les chemins de l’exode.
    On se sentait heureux :
    Plus de barrière, plus de frontière
    Quand Paolo dansait.
    Il marchait la tête en l’air,
    Entendait les nuages chuchoter
    Des rêves qui lui, étaient chers,
    Roulait des pensées bien douces
    En laissant ses pas sur le sable ou la mousse
    Pèlerin en voyage sur les routes primitives
    Aux dentelles de pierres et menhirs,
    Il versait la foi, l’amour et l’amitié en élixir :
    Croix du Sud, étoile du Nord,
    Une ère nouvelle pour la faune et la flore,
    La savane rendue aux éléphants, la banquise aux ours blancs.
    Ô projets simples et vermeils,
    Eclos dans la salsepareille !
    On attrapait les paillons de l’illusion
    Aux braises du crépuscule
    Quand Paolo rêvait.

    La nuit qui arrivait à pas feutrés
    Ensevelit tout ce que le jour
    Avait fait naître de féerie.
    Seul le chant mélodieux de la fauvette berçait les rêves enfouis.

    La lune était d’argent
    Et brillait au-dessus des toits.

    Claudette BASSET


    2 poèmes de Jacques BASSET
    1-Espoir et désespoir
    2-Le café de la gare


    Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

     ESPOIR ET DESESPOIR

    A vingt ans nous sommes partis.
    On ne se posait pas de questions.
    C’était la guerre en Algérie ;
    Aux frontières tonnaient les canons.

    Comme toujours dans ces cas-là
    On protégeait les pistonnés.
    On planquait les fils à papa,
    Ces aristos modernisés.

    Nous, nous étions des appelés
    A qui l’on prenait la jeunesse.
    Des modestes, des ouvriers.
    Dans nos familles de princesse.

    Un matin nous sommes sortis
    Des cales puantes d’un bateau.
    On avait beau être avertis
    On a retenu un sanglot.

    Nous étions le dernier espoir
    Des français du Constantinois.
    Nous allions faire notre devoir,
    C’était la France aussi là-bas.

    Je me souviens de ce lundi
    Où patrouillant dans Tébessa,
    Une jeune fille m’a dit :
    «-Je vous en prie ne partez pas ».

    Je l’ai regardée s’éloigner
    Vars la porte Caracalla.
    Elle était belle comme l’été
    De mil neuf cent cinquante-trois.

    Cette jeune fille aujourd’hui
    Elle pourrait vivre à Montpellier ;
    Ce sont les hasards de la vie,
    Dans la rue des Escarceliers.

    L’espoir, nous en avions besoin ;
    Il nous aidait à avancer.
    Il nous rappelait que demain
    D’autres viendraient nous remplacer.

    L’espoir, quand nous étions au feu,
    Nous faisait supporter l’exil.
    Nous appelions de tous nos vœux
    Le retour à la vie civile.

    Plus de deux ans dans le djebel,
    Ça nous avait rendus sauvages.
    Nous ne lavions plus nos gamelles,
    La barbe mangeait nos visages.

    Vingt-huit mois se sont écoulés,
    Nous étions au bout de la route.
    Mais au moment de traverser
    L’espoir laissait la place au doute.

    Est-ce que nous allions retrouver
    Les fiancées de nos seize ans ?
    Celles que nous faisions danser
    Quand nous étions adolescents.

    Nous n’avons jamais eu de lettres
    Et l’on ressurgi du néant.
    L’enfance est morte à la fenêtre
    Tandis que passaient les printemps.

    On allait rentrer, c’était l’heure.
    La fin d’une terrible histoire,
    Gravée au fond de notre cœur
    Et à jamais dans nos mémoires.

    L’espoir venait de s’envoler,
    Laissant la place au désespoir.
    Sur les Aurès enneigés
    Jamais la nuit ne fut si noire.

    A Constantine il pleuvait,
    La brume couvrait Tébessa.
    Une petite fille pleurait,
    Bône devenait Annaba.

    Pour nous la vie recommençait
    Avec un temps de décalage.
    Eux l’exode les emmenait,
    L’espoir perdu dans leurs bagages.


    Ils étaient nés sur cette terre.
    Aujourd’hui il faut qu’ils la quittent.
    Et leurs morts dans les cimetières
    N’auront plus jamais de visites.

    Espoir, espoir, espoir toujours.
    Espoir d’une guérison.
    Espoir d’une paix, espoir d’amour.
    Espoir d’une réconciliation.

    L’espoir fait vivre à ce qu’on dit :
    Mais le temps passé est perdu.
    Un jour viendra la nostalgie,
    Quand l’espérance aura vécu.

    Les anciens soldats d’Algérie
    Finissent maintenant leur vie.
    Les déracinés de jadis
    Ne seront jamais repartis.


    Jacques BASSET

     Salle Pétrarque* poèmes 2017

         

          Le café de la gare


    J’en ai passé des heures au café de la gare.
    C’était l’adolescence et le temps des copains.
    L’école terminée, tous les vendredis soirs,
    A dix-neuf heures trente on descendait du train.

    On sortait sur la place, que l’on traversait.
    C’était bien entendu la place de la gare.
    Derrière son comptoir Jean-Pierre nous attendait,
    Les trains à cette époque n’avaient pas de retard.

    Yvonne et Andrée, les deux jolies serveuses,
    Venaient nous embrasser tout naturellement.
    De nous voir revenus ça les rendait heureuses.
    On se sentait chez nous dans l’établissement.

    Pour arriver ici en venant du village
    Il fallait emprunter l’Avenue de la gare,
    Passer devant la Poste et devant le garage,
    Puis contourner l’hôtel, l’hôtel de la gare.

    La gare, avec l’école, la mairie et l’église,
    C’est le poumon par où respirait la cité.
    Sur les voies de triage les trains de marchandises,
    Soutenaient sans faiblir toute l’activité.

    Le passage à niveau en baissant ses barrières
    Annonçait le passage où l’arrivée d’un train.
    Au café de la gare à chaque fois Jean-Pierre
    Approchait du comptoir quelques litres de vin.

    Au café de la gare le samedi matin,
    Devant un verre de blanc on lisait le journal.
    On commentait la vie et les infos du coin,
    On cherchait pour le soir où l’on irait au bal.

    Tous les dimanches soirs, de l’automne au printemps,
    Avant que minuit sonne et qu’on se sépare,
    En revenant du stade ou du déplacement
    On refaisait les matches au café de la gare.

    Les années ont passé en n’épargnant personne.
    Au café de la gare un jour j’ai eu vingt ans.
    J’ai embrassé Andrée, j’ai vu pleurer Yvonne,
    Le train m’emmené sans faire de sentiments.

    Je me suis retrouvé dedans une autre gare.

    Son nom était Saint-Charles, on était à Marseille.
    Le port n’était pas loin, on distinguait son phare.
    On a pris le bateau tel un essaim d’abeille.

    Comme les appelés de ma génération
    J’ai brûlé ma jeunesse sous les éclats d’obus.
    Je suis devenu homme sans y faire attention,
    Et tout avait changé quand je suis revenu.

    Le café de la gare avait été vendu.
    Jean-Pierre était parti, Andrée s’était mariée,
    Toute trace d’Yvonne avait été perdue
    Et les anciens copains s’étaient éparpillés.

    Aujourd’hui du café il ne reste plus rien ;
    Les volets sont fermés définitivement.
    Les trains passent toujours, rendez-vous quotidiens ;
    La gare existe encore, mais pour combien de temps ?

    Les gares ont une histoire et c’est souvent la nôtre.
    Un train qui se présente, puis des portes qui s’ouvrent.
    Quelque part sur le quai un cœur qui bat plus fort.
    Une étreinte, des larmes et le train qui s’en va…

    Jacques BASSET

     

     

     

      Salle Pétrarque* poèmes 2017

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Poèmes *5*

     

     

    LA VOIX DANS LA NUIT (Les corolles du temps)


    La voix dans la nuit dit :
    Qu’il manque des étoiles au ciel
    Et que la lune boude le soleil.

    Etrange préambule parmi les échos lointains
    Où le chant des âmes en purgatoire
    Vient effleurer les pleurs des vivants.

    Ecoulement du temps sur les rives indolentes
    Des mystérieuses rencontres et des élans inattendus
    Vers un foyer où les flammes lèchent des noires pensées.

    La voix dans la nuit dit :
    Que l’évangile abreuve les consciences,
    Le long des quatre dimanches de l’avent.

    Que croire dans le déroulement des cérémonies nocturnes,
    Où les parfums d’encens troublent les regards.
    Ils invitent à marcher sur les chemins de la double alliance.

    Il est un moment où quelques couleurs vives
    Interrogent l’orient et ces multiples croisades
    Pour déposer sur l’autel les dernières certitudes.

    La voix dans la nuit dit :
    Qu’il faut sonder sa puissance intérieure
    Tout proche des urnes de la mort.

    Il faut se dire que le moindre fragment de l’univers
    Contient un message sacré et qu’il ne peut se dévoiler
    Que dans la nuit obscure de l’esprit.

    Une voix étrange sort de l’être
    Pour élargir le cercle de l’imagination.
    Elle appelle de nouvelles nourritures.

    Cette voix dans la nuit
    Marie le bien et le mal
    Pour exhaler son alchimie secrète.

    Et cette voix dans la nuit dit :
    Qu’il faut être rebelle
    A l’endoctrinement et à la pensée unique.

    Il ne faut pas tuer la passion,
    Ni ne mépriser le délire.
    Il faut seulement chercher une sœur à son âme.
    Une voix dans la nuit
    Te parle de sève et d’argile nouvelle
    Au seuil des ondes humaines.


    Chapelle SAINT-MARTIN 15 février 2015

     

    Poèmes *5*

     

    Feuilles de route sur la chevelure des vagues

    La lumière du jour tend sa joue au baiser nocturne.
    Des livres s’ouvrent de chapitre en chapitre.
    Les mots s’animent à la phrase incisive.

    Je suis le gardien des horizons.
    Je bois toutes les brumes
    Les nuits de pleine lune quand les loups hurlent.

    Le vent porte les semences des fleurs
    Dans les veines fécondes du printemps.
    Il caresse les pierres rouges et le clocher silencieux.

    Je hisse les voiles.
    Je fais un salut au ciel.
    Cap sur les îles isolées de l’inconnu.

    La lune en secret peigne
    La venue de la nuit et les cercles de la solitude
    Parmi les petites voix sans méfiance.

    Dans le vol nocturne des mouettes
    Je ne vois pas la parade des astres.
    Seulement je devine la profusion des coquelicots écarlates.

    Il y a toutes ses figures sans mémoire
    Qui brûlent le cœur des ombres
    Sur la dernière courbe des larmes.

    Les visages de l’océan
    Sur la chevelure des vagues
    Mordent l’eau noire.

    Je suis brut,
    Entouré d’une écorce torturée
    Et martelée par les rafales de vent sauvage.

    Je converse dans un alphabet sur l’image et ses métamorphoses.
    Les échos lointains des paroles en héritage,
    Habillent toujours les pièces silencieuses.

    Mas du Gua 1 mars 2015

     

    Poèmes *5*

     

     

    Temps de pierre


    Temps de pierre
    Dans le long cheminement de la chaussée des géants.
    Le granite résonne des litanies sans fin
    Venues du plus profond de l’humanité.

    Temps de marbre
    Dont l’écriture tombale donne du relief à l’histoire
    Sans cesse des générations renouvelées.

    Temps de prière
    Dans l’accomplissement des derniers adieux
    Parmi les fleurs artificielles et les plaques en partie effacées.

    Temps hors du temps
    Où les voiles du passé dansent à l’ombre des vieux chênes
    Dans un étrange manoir tout couvert de brume.

    Temps porte du présent
    Dans la ronde des fleurs dans un champ dentelé
    Parcouru par des rigoles trop argileuses.

    Temps de nuit
    Où les saveurs mélangées à des rêves
    Goûtent les mots désarticulés par des pas perdus.

    Temps qui suit
    Le long corridor aux portes innombrables
    Pour trouver la fenêtre qui donne sur le grain des mots.


    Montpellier 18 avril 2015

     

     Poèmes *5*

     

    Dans le langage voilé des livres


    Dans le langage voilé des livres, l’alchimie des mots déchirent les ombres
    Pour cueillir les phrases dorées célébrant le haut savoir.
    Au fond du jardin silencieux, les fleurs printanières s’ouvrent
    Sous la lente caresse du vent venu d’au-delà des collines.

    J’ai vu dans le regard du faiseur de temps, les rides s’élargir
    Dans le tumulte des longues nuits où tous les tourments
    Se retrouvent au carrefour d’un théâtre brouillon.
    Où les mots jonglent dans des figures acrobatiques invraisemblables.

    La peur traîne dans un long couloir peuplé de tableaux archaïques.
    Elle porte une étrange robe noire et des souliers crochus.
    Tout parle d’une histoire hors du temps où les épisodes
    Suivent un cheminement parmi les enluminures et les sombres cloîtres.

    Les branches des saules effleurent l’onde. Elles viennent bercer les rives
    Au gré des murmures de la nature qui s’allongent sous les ombres dansantes.
    Promenade dans l’univers secret des mystères tracés sous la pleine lune
    Et les signes étranges qui peuplent des cercles de pierre.

    Sur l’autel recouvert d’une nappe blanche, le calice et le ciboire
    Après le credo et le confiteor préparent la communion
    Dans l’union d’un Notre Père comme une supplique
    Lancée dans l’élévation qui embrase les vitraux et la parfaite rosace.

    Sur le parvis où les nobles pensées s’échangent comme dans de pacifique moment de vie,
    Les voix empruntent un nouveau langage avec quelques hésitations.
    Une sorte de procession prend naissance pour faire oublier
    Les épîtres qui sermonnent les faces cachées et les regards frileux.

    Je marche dans le damier journalier où le soleil projette sans aucune retenue
    Des jets de lumière pour troubler les élans dévoreurs d’espace
    Où s’agglutinent les tableaux familiers dans une bibliothèque pleine d’anticipation.
    Le chant seulement répond dans les phases intimes de l’inattendu moi profond.

    Paris Jardin des Plantes 25 avril 2015

     

    Poèmes *5*

     

     

     

     


    Les mains de Notre-Dame de Bon Secours
    A Ma mère,

     20 août 1915, c’est le jour de mon anniversaire : j’ai 20 ans- 

    Je suis toujours en enfer sur la côte 304 près de Verdun.
    Mère tu ne dois pas croire ce que disent les journaux et les radios.
    Ils sont nombreux les soldats qui tombent face contre terre
    Dans l’herbe chaude de l’été. On dirait par endroit un champ de coquelicots.
    Il y a des mouches partout. Les visages des morts sont teintés d’effroi.

    Ce matin un obus est tombé près de moi, j’ai été en partie couvert de terre.
    Mon camarade tirailleur sénégalais a disparu sous l’explosion.
    Sur le bord du trou j’ai retrouvé ses doigts bien alignés
    Mais au fond du trou c’était de la chair à pâtée d’homme.
    J’ai ramassé ses doigts pour sa veuve qui l’attend du côté de la Casamance.
    On continue sans arrêt à tirer des obus. Je porte les mains à mes oreilles.

    Parfois on trouve le mot pour rire, même au milieu des cadavres
    Et dans le râle des mourants, avant de monter à l’assaut de la tranchée ennemie.
    Je cours au milieu des gerbes de feu et des miaulements de balles.
    Mère je ne trouve plus les mots pour décrire les images qui se bousculent dans ma tête.
    Je suis un miraculé mais je n’ai pas le temps d’écrire des mots d’amour
    Parce que le chant des douleurs plane longuement sur les barbelés.

    Je n’ai plus peur maintenant que je suis gavé de gnôle.
    Seulement il y a davantage de bruit dans ma tête.
    J’ai arrêté de prier le bon dieu parce que tout simplement je suis déjà en enfer.
    Le feu est partout et la mort fait sans cesse sa récolte.
    Mère je te parle franchement parce qu’il faut dire que la guerre est terrible
    Et puis tu m’as toujours enseigné à dire la vérité.

    Mère malgré tout je sais que tu iras à la Chapelle de Bon Secours
    Prier Notre Dame en récitant un chapelet et prononcer des paroles d’amour.
    Tes mains se joindront longtemps et s’élèveront vers le beau vitrail
    Où le soleil entre en flots dans un étalement lumineux.
    Mère je veux te dire combien je t’aime. J’ai écrit dans un coin de la tranchée
    Ton prénom à l’aide d’une douille encore brûlante.


    Chapelle Saint-Martin 17 mai 2015

     

     Poèmes *5*

     


    Il y a les teinturiers de la lune


    Dans le soir qui s’annonce déjà les pensées secrètes prennent rang
    Pour entrer dans les longs couloirs de la nuit.
    Tout partage n’est qu’une solitude aux portes de corne et de brume.
    Il y a les teinturiers de la lune qui cherchent l’élixir d’éternité.

    L’arrivée du jour avec ses bruits familiers libère les angoisses nocturnes.
    Les heures s’emplissent de cris joyeux.
    Dans le ciel les nuages transportent dans un défilé éphémère,
    Des portraits avant-coureurs sous les souffles de vent semeurs de palabres.

    J’ai tendu mes mains à mes frères d’Afrique, d’Asie, d’Amérique
    Mais elles se sont vite recouvertes de sang.
    J’ai tendu mes mains à mes sœurs d’Afrique, d’Asie, d’Amérique
    Elles ont recueilli que des pleurs et des douloureux récits de viol.

    Le monde se maquille de servitude et dresse des barbelés.
    Chant du monde fou sur les trottoirs du crépuscule.
    Il y a la danse du diable et le chien qui rit sous un ciel de cendres.
    Les visages tuméfiés portent des douloureux secrets.

    J’ai longé dans des villes silencieuses des longs couloirs bordés
    De chambres où il n’y avait personne à l’intérieur.
    Pas d’objets sur les étagères, ni de penderie colorée.
    Aux murs quelques dessins habillent des mots trop vite abrégés.

    Etrange musique que celle qui émane d’un cœur blessé
    Après une lecture d’une lettre où les phrases paraphent un adieu.
    L’écriture scie le souvenir dans une encre dilatée.
    Les larmes finissent par s’étaler dans un lamento madrigal.

    Parmi les chemins lunaires, les voix traduisent des incantations
    Aux sources des bruits lointains et des étranges échos
    Qui raisonnent sur les pierres rondes et sur les bordures des falaises.
    Les traces sont là. Elles témoignent de la pesanteur du chant.

     Chapelle Saint-Martin 26 mai 2015

     

     Poèmes *5*

      

    Je viens de quitter un horizon enténébré


    Je viens de quitter un horizon enténébré en compagnie des cris stridents
    Des oiseaux marins pour retrouver après quelques courses désordonnées
    Les solitudes calmes des régions inconnues de la mer sous une nouvelle lune.
    Je ne regarde plus en arrière et je n’écoute plus le clapotis.

    Du domaine des murmures jusqu’aux sentiers de l’exil,
    Le beau temps se situe entre la neige noire et les folles espérances.
    Toute personne qui tombe a des ailes quel que soit le chemin des falaises.
    L’art de la fugue s’élève parmi la transparence et les miroitements.

    Le soleil qui décline laisse entendre le discours d’un arbre sur la fragilité des hommes.
    La brise module l’ombre et les douces sonorités dans le flot des odeurs.
    L’inconnu est là à la pointe de l’aube parmi les voiles blanches
    Dans l’attente du verdissement des paroles et des lauriers roses.

     Montpellier 24 août 2015

    Poèmes *5*

     

     

     La solitude est là


    La solitude est là avec son carnet de bord et ses grandes majuscules parfois délavées.
    Un regard qui balaye l’horizon et qui cherche l’âme obscure parmi la canopée.
    Toute couleur nuance l’intensité du Verbe. Elle trace les bordures du temps retrouvé.
    Elle affiche souvent les rendez-vous avortés et les rires complices.

    La solitude quand elle côtoie la nature elle vous imprègne de ses métamorphoses
    Qui appartiennent à l’élémentaire, aux forces telluriques et au règne sauvage.
    Tout souvenir se fait testamentaire sur les ondes murmurantes d’un passé reculé.
    Elle se fait porteuse de messages des mondes antérieurs et des lointaines rumeurs.

    La solitude aussi s’abreuve de la terre nourricière et de la science du beau.
    Elle vous guide vers le courant naturel des choses et les nervures de notre musique intérieure.
    Elle s’ouvre aux saisons dans l’écume infinie qui attend la nuit et ses ombres.
    Elle tente de recoudre les blessures de la mémoire sur la crête naissante du jour.

    La solitude se fait l’écho du tumulte des eaux argileuses parmi les heures étoilées.
    Elle absorbe avec des blancs mouchoirs des légères traces de sueur.
    Elle vous invite à boire la rosée lactescente des matins vaporeux
    Et à écouter les vents contraires qui se croisent dans des ciels enrubannés de soie.

    La solitude hume les odeurs des lieux oubliés et des papiers égarés.
    Elle nous parle des nourritures frugales fécondes et des images intimes
    En caressant les broderies secrètes qui enluminent les bontés de la vie.
    Elle nomadise dans les corolles et les étreintes du temps.

     Saint-Mathieu de Tréviers 4 octobre 2015

    Poèmes *5*

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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     de 18 h. à 21 h. * Entrée Libre

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    Quelques poèmes lus dans la soirée du jeudi 9 février 2017

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    Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    Bocage mouillé

    Marais languissant

    Brumes levées

    Des matins lancinants

    Regrets

    Devant les pelles affutées

    Visiteur indiscret

    Surprend l’invisible

    Temps ralenti

    Au fil des chemins d’eau

    O marais de l’enfance

    Suspendus

    Aux bribes de l’indifférence

    Reconnaître la terre

    Nourriture de l’âme

    Plonger dans la beauté

    Du silence

     Et de la mémoire

     Mireille REYRE

    Salle Pétrarque*poèmes*2* 

     

    Monsieur FIDELIO

    L’amour, en ce jour finissant,
    A pris la forme de la nuit,
    Fantôme gris sous les rayons de lune,
    Sa cravate zébrant l’air d’un éclair rouge.
    Dans le halo des réverbères
    Il avance, courbé par le souffle de l’hiver,
    Cheveux et moustache en bataille,
    Un bouquet sous le bras,
    De quoi a-t-il l’air ?
    Il hésite à avancer :
    Dans sa redingote givrée,
    Peut-il se présenter ?
    Son pas sur le gravier
    Qui crisse d’émoi.
    La sonnette réveillée
    Qui tintinnabule
    Dans le grand silence du soir
    D’une Saint-Valentin.
    Un cœur qui bat, qui bat, qui bat.
    Sur le palier, une porte s’ouvre, se referme.
    C’est la voisine qui reçoit.
    Alors Monsieur Fidélio sort de sa réserve,
    A pas feutrés, vers son destin,
    Servi sur fond de dentelle et porcelaine.
    Monsieur Fidélio savoure,
    Longuement, un mets des plus fins,
    Puis s’étire et repart vers son coussin.
    Au petit matin, à l’aube d’un jour
    Qui meurt avant de naître,
    Dans les lambeaux de brouillard
    Effilochés au long des rues, au coin des fenêtres,
    Les voisins se sont disputés.
    Chacun est reparti de son côté.
    Monsieur Fidélio, par le bruit réveillé,
    Baille puis ronronne,
    Plissant les paupières de bonheur
    Sur la sérénité de sa vie :
    Il n’a jamais eu qu’une seule maîtresse.

    Claudette BASSET

      Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    Où es-tu liberté, où es-tu ?

    Sur notre vieille terre, depuis son origine,

    Tous les êtres humains ont prononcé ton nom.

    Beaucoup d’entre eux pourtant, bien plus qu’on l’imagine,

    N’auront jamais connu que les murs des prisons.

     

    Pour le mineur de fond, cet enterré vivant,

    La liberté était un rivage inconnu.

    Quand il sortait du trou il avait cinquante ans,

    Et la mort l’attendait, rendez-vous convenu.

     

    La vie sans liberté a un nom : l’esclavage.

    On a vendu des femmes, on a vendu des hommes :

    On en fixait le prix en fonction de leur âge.

    On les livrait aux lions aux jeux du cirque à Rome.

     

    Le pouvoir et l’argent sont ses pires ennemis.

    Pour le luxe d’un seul, combien courbent le dos ?

    Pendant que sur la scène paradent les nantis,

    La liberté étouffe derrière le rideau.

     

    Ces femmes que l’on viole et qui prennent des coups

    Pour assouvir les mœurs de détraqués pervers,

    Où est leur liberté quand elles tremblent debout,

    Contraintes de subir les morsures de l’hiver.

     

    La liberté parfois pourrait bien être un leurre.

    Le marin solitaire qui affronte les flots

    A connu peu de joies et beaucoup de malheurs,

    Et souvent quand il rentre sa femme est en sanglots.

     

    Il est libre pourtant et assume son choix.

    Les mouettes l’accompagnent en escorte fidèle,

    Et quand ils sont au large il est un peu leur roi.

    Il a ce privilège de vivre sans tutelle.

     

    On pense l’oiseau libre simplement parce qu’il vole.

    Il est vrai qu’il est libre d’aller et de venir,

    Mais le chasseur toujours le dérange et l’affole.

    Deux coups de fusil claquent, son vol vient de finir.

     

    Bartholdi à New-York a sculpté sa statue,

    Symbole américain, phare du continent.

    Mais cette liberté les indiens l’ont perdue,

    Et en Arizona ne court plus que le vent.

     

    Dans les villes françaises elle a ses Avenues,

    De larges esplanades traversant les cités.

    Et souvent sur les tombes du soldat inconnu

    On a gravé son nom pour la postérité.

    Les tyrans, les despotes, les rois, les dictateurs,

    Et tous les assassins de notre liberté

    Etranglent les idées et les consciences pleurent.

    Les forçats ont toujours un boulet à leur pied.

     

    C’est pour la liberté, aux heures noires de l’histoire,

    Qu’on a pris les fusils au mépris du danger.

    Défendre la patrie, conserver les mémoires,

    C’est refuser de vendre son âme à l’étranger.

     

    On aime regarder musarder les saisons.

    Et quand la liberté le soir nous interpelle

    Dans les soleils couchant rougissant l’horizon,

    C’est pour qu’on n’oublie pas le sang versé pour elle.

     

    Aujourd’hui on est libres, mais qui sait si demain

    Nous n’allons pas changer de civilisation,

    Perdre nos libertés sur le bord du chemin

    Et partir vers l’exil pour fuir la soumission.

     

    La liberté enfin ce n’est pas l’anarchie ;

    Il faut la protéger contre les mauvais coups.

    Et c’est bien pour cela que dans la bergerie

    Il ne faut surtout pas laisser entre les loups.

     

    Toutes les libertés doivent être prudents,

    Mais la plus menacée est celle d’expression.

    Dire la vérité très souvent mécontente

    Ceux que cela dérange aux plus hautes fonctions.

     

    L’histoire nous a prouvé et le montre aujourd’hui,

    Que trop de liberté n’est pas la solution.

    Sans loi pour l’encadrer, dans le respect d’autrui,

    La vie deviendrait vite une hallucination.

     

    A force de tirer sur la corde sensible

    On oublie ses devoirs et les ailes on se brûle.

    Pour avoir toujours cru qu’elle était invincible

    La liberté souvent connaît son crépuscule.

     

    Liberté, liberté, ainsi tourne la ronde ;

    Et toi tu es battue, tu es écartelée.

    Si tu savais attendre que les morts te répondent,

    Tu serais à jamais derrière les barbelés.

     

    Lorsqu’arrive l’automne dans les premières brumes,

    Quand les traîne-misère s’approchent des églises,

    Quand le poète a peur et fait taire sa plume,

    La liberté est morte et le monde agonise.

    Jacques BASSET

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

    La matrice


    Si la nuit étoilée pouvait arracher l'abysse pour déterrer l'obscurité et rejeter les maux brûlants sur des terres lointaines,
    Si la mer déchaînée pouvait emporter ce que le vent aspire de mes désirs maudits,
    Si les embruns pouvaient embaumer les morts avec des notes sucrées et des rires incessants,
    Si la houle enfiévrée voulait s'élever au-dessus des falaises pour arracher le ciel et tout son univers bleu,
    Si les non-dits déliaient leur langue un matin d'hiver sous la neige blafarde,
    Si la misère oubliait son refrain et que les guerres mourraient laissant les cicatrices du monde en paix,
    Si les corps disparus pouvaient encore s'étreindre à nuit tombée et sur la stèle éternelle,
    Si le silence pouvait hurler son désespoir, ses désaccords et que la révolte le faisait taire...
    &&&&&&&
    Si l'étang doré se mettait à chanter sous la pluie et sur mes larmes cachées,
    Si la stalactite pouvait échapper à la froideur figée sans pour autant en perdre sa grâce,
    Si l'adonis savait que la nuit n'est autre que la face cachée du jour,
    Si le mystère était peint sur un mur et que les passants lui tournaient le dos,
    Si l’abîme ouvrait des portes qui mènent à rien et que ce rien serait la vie,
    Si la chrysalide pouvait éloigner l'ennui en déployant ses ailes,
    Si la poésie pansait le monde y déversant sa beauté en soupirs alanguis,
    Si la clepsydre pouvait aspirer l'eau de la terre pour retenir le temps...
    &&&&&&&
    Si le bonheur s'alimentait à chaque soupir et sur chaque visage qui se déride,
    Si nos sourires s'arrachaient aux maux jadis suspendus et s'étendaient sur un chemin nouveau,
    Si le soleil parlait à la nuit, contant ses baisers brûlants qu'il aspire, sous la courbe lunaire,
    Si l'alchimie était une science inéluctable du reflet de mes yeux dans les tiens,
    Si le vent caressait la moiteur du désir pour y cueillir des fleurs secrètes,
    Si nos corps alimentaient le feu d'une cheminée particulière,
    Si la matrice s'ouvrait au nouveau monde sous la blancheur lactée...
    &&&&&&&
    Et si le crépuscule dessinait ton visage,
    alors, j'aspirerais l'océan de tes yeux,
    je laisserais la danse électrisante nous emporter
    dans un tourbillon abyssal
    où nos corps se délectent
    de sèves enivrantes.

    Virginia Blanco

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*

    1914

    La guerre de quatorze ! Il demeurait muet,
    Aussi j’ai longtemps cru qu’il ne l’avait pas faite !
    Aux lois de sa patrie il a payé sa dette,
    Mais tant de disparus, cela le remuait.

    Il ne supportait pas qu’on l’appelle la grande,
    Et il était honteux d’en être revenu
    Alors qu’à Douaumont l’espoir était ténu.
    Combien ont-ils laissé leur printemps en offrande ?

    Combien de sacrifiés, victimes du canon
    Dont le feu s’écrasait comme dans un déluge ?
    De l’effroi du carnage il pouvait être juge
    Recevant les blessés en modeste chaînon.

    Quand les obus tombaient, dans une pluie épaisse,
    Service de santé, il était loin du front.
    Parler des disparus lui semblait un affront,
    Eux seuls avaient fait don de leur prime jeunesse.

    Ne pouvant partager ce qu’il avait vécu,
    Il portait cette plaie au creux de sa mémoire.
    Il était le tombeau de la sinistre histoire
    Sans montrer de rancœur pour l’ennemi vaincu.

    Au fond d’un vieux tiroir, dans une vieille armoire
    Un jour j’ai découvert les photos d’un poilu
    A la moustache fière. Il n’a jamais voulu
    Qu’un récit du vécu paraisse dérisoire.

    Remplissant son devoir comme tout bon soldat
    Il posait fièrement devant son ambulance,
    Mais à ses yeux du moins cela valait silence,
    D’autant qu’il était loin d’un poste de combat.

    La guerre de quatorze, il ne l’avait pas faite
    Du moins je le croyais, il n’en parlait jamais !
    Il en avait trop vu, convaincu désormais
    Que toujours la victoire est près de la défaite.


    Bernard POULLAIN

     

     

    FARANDOLE

    La vie est à cueillir dans la beauté du temps,
    Sachons trouver la perle au creux de nos instants !

    Les fleurs étaient pour moi des tâches aux couleurs multiples sur le tapis vert des prés.
    J’ai voulu les apprivoiser, m’en faire des amis.
    C’est simple de se faire des amis, il suffit d’appeler chacun par son nom.
    Cela suffit.

    La campagne au printemps est un vibrant mystère
    Quand d’un sol écrasé aux froidures d’hiver
    Surgit un arc-en-ciel qui recouvre la terre
    De milliers de couleurs sur un grand tapis vert.

    Chaque fleur est un hymne au réveil de la vie,
    Tout se métamorphose imperceptiblement.
    Jusqu’au bout de nos sens pétille notre envie,
    On ne voit rien grandir, tout pousse doucement.

    Dès que la neige fond perce la primevère,
    Dans la discrétion elle est premier jalon
    Sur la terre assoupie après un froid sévère
    Du défilé sans fin égayant le vallon.

    Dès les frimas de mars, les magnolias précoces,
    Rappelant un passé qui revient pas à pas,
    Sur leurs bras dénudés posent leurs grands calices.
    Les sous-bois éblouis exposent leurs appâts.

    Instants de pure extase au jour qui s’illumine,
    Un air de renouveau suit le gel hivernal,
    Un doux ravissement au fond de soi culmine
    Face à l’explosion du sursaut germinal.

    Le forsythia jauni de flèches flamboyantes
    Emerge des buissons surpris de son éclat
    Eclipsant le soleil aux ardeurs hésitantes.
    Janvier est achevé, le printemps presque là !

    Sous l’ample voute mauve aux grappes élancées
    Sculptées sur le fond clair d’un ciel enfin bleuté,
    Distillant son parfum de senteurs enlacées
    Ce rêve de glycine est promesse d’été.

    Puis vient le cerisier dont les frêles pétales
    Tremblent au moindre vent. Leur sublime blancheur
    Se disperse aussitôt sous le fouet des rafales,
    Car aux ides de mars perdure la fraicheur.
    La rose est sans pourquoi dans sa magnificence,
    N’ayant rien à donner, si ce n’est sa splendeur
    Elle étonne toujours par sa belle élégance,
    Fière de sa beauté sans aucune pudeur.

    Si belle es-tu la rose, inattendu mirage,
    Ignorant qui tu es dans ta perversité,
    Caresse de velours que l’amour donne en gage,
    Epine torturant le galant dépité ?

    Les cloches dans les bois sonnent à la volée,
    Pour ce regain vital le grain meurt, fatigué.
    La campagne renait, de blanc auréolée.
    Vive le premier Mai ! On cueille le muguet !

    Les genêts buissonnants à la tige effilée
    S’ornent de gros bourdons préparant leur envol. Leur carène dorée à l’apparence ailée,
    Attire un papillon dansant d’un désir fol.

    « Forget me not ! » Dit le myosotis frêle,
    « Ne m’oubliez pas ! » Au cœur des éboulis
    Discret mais flamboyant, son bleu nous interpelle
    Bien plus que l’arrogance élégante du lys !

    Sur le haut d’une tige à l’allure assurée
    Oh ! Toi fleur des rochers dont j’ignore le nom
    Peut-être serais-tu la belle centaurée ?
    Sans doute ta beauté vaut plus que ton renom.

    Le discret bouton d’or et la gentiane amère,
    L’orgueilleux asphodèle et les rhododendrons,
    Chacun de ces bouquets est plaisir éphémère
    Envahissant les prés en joyeux escadrons.

    Puis le soleil brûlant épuise la nature,
    Le fruit est récolté, l’épi fournit le grain,
    La palette des tons alors se dénature,
    L’on sent au fond de soi monter comme un chagrin.

    Le colchique plaintif, ose à peine paraître,
    Annonçant les frimas aux chaleurs d’un été
    S’amoindrissant déjà. Ne serait-il pas traître
    Brisant l’illusion d’un temps d’éternité ?

    Le mistral tournoyant arrache chaque feuille,
    Dont le feu des couleurs, combat désespéré
    Est annonciateur d’un cycle qui s’endeuille.
    Elles jonchent le sol en rythme accéléré.

    Provoquant au milieu de la bise affermie
    Le camélia sort sous le givre hiémal
    Alors au fil du jour la forêt endormie
    Ecoute du pivert le toc-toc infernal.

    Ephémère regain, chaque beauté s’éclipse
    Après que d’être née. Une autre renaitra
    Complétant le cortège, éternité d’un cycle,
    Chaque espèce fait don d’un habit d’apparat.

    Cette suite sans fin par cette farandole
    Nous dit que toutefois du présent révolu
    Germera dans un an la nouvelle corolle,
    Renaîtra pour un temps, le bonheur absolu.

    Ce défilé charmeur s’égrène dans la boucle
    Des jours, semaines, mois. Alors rejaillira,
    Toujours renouvelé, cet éternel spectacle.
    Serais-je encore là quand le bourgeon viendra ?

    Homme toujours pressé pense au temps qui défile
    Chacun de ces bijoux est un cadeau de roi,
    Apprends à délaisser l’occupation futile
    Cultive en ton enclos le paradis en toi.

    Bernard POULLAIN

     

     

    Salle Pétrarque*poèmes*2*Salle Pétrarque*poèmes*2*

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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