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    (suite )Traces de lumières :

     

    Lundi 13 mars 2006 -Les états du poème, la poésie et la représentation du monde :

    Tout au long de son histoire, la poésie a toujours rempli une triple fonction : 

     -Sociale et politique : la poésie fut un outil favorisant la transmission des connaissances  et la mémoire des peuples- de la poésie civilisatrice à la poésie engagée -  

     -Spirituelle et philosophique : la poésie est source de méditation et de réflexion -  

     -Ludique et émotive : la poésie favorise le rêve et engendre l’émotion. 

    Dans Destinées de la poésie, Alphonse de LAMARTINE dit que : « La poésie sera de  la raison chantée, voilà sa destinée pour longtemps ; elle sera philosophique, religieuse, politique, sociale, comme les époques que le genre humain va accomplir. »  

     

    Lundi 20 mars 2006 -Louis ARAGON Les yeux d’Elsa :

     Le recueil Les yeux d’Elsa (paru en 1942) contient parmi les plus beaux poèmes d’ARAGON, mais aussi des proses fortes tels que La leçon de Ribérac et Sur une définition de la poésie. L’amour d’Elsa représente la pureté au cœur des ruines, la force de lutter et de s’opposer, l’affirmation de la vie, mais Elsa n’est pas un symbole. Elle représente l’amour de la femme qui se lie à l’amour de la patrie.

        Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

    J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

    S’y jeter à mourir tous les désespérés 

    Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire. 

    Louis ARAGON écrit : 

    « J’appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux yeux grands ouverts, ce domaine passionnel où je me perds, ce soleil nocturne,  ce chant maudit aussi bien qui se meurt dans ma gorge où sonnent à la volée les cloches de provocation… J’appelle poésie cette dénégation du jour, où les mots disent aussi bien le contraire de ce qu’ils disent que la proclamation de l’interdit, l’aventure du sens ou du non-sens, ô paroles d’égarement qui êtes l’autre jour, la lumière noire des siècles, les yeux aveuglés d’en avoir tant vu, les oreilles percées à force d’entendre, les bras brisés d’avoir étreint de fureur ou d’amour le fuyant univers des songes, les fantômes du hasard dans leurs linceuls déchirés, l’imaginaire beauté pareille à l’eau pure des sources perdues. » 

     

    Dans Pablo mon ami Louis ARAGON dit à Pablo NERUDA : 

       Nous sommes les gens de la nuit qui portons le soleil en nous 

       Il nous brûle au profond de l’être 

       Nous avons marché dans le noir à ne plus sentir nos genoux 

       Sans atteindre le monde à naître. 

     

     Lundi 27 mars 2006 - Hector BERLIOZ et l’univers de SHAKESPEARE :

     Dans ses Mémoires BERLIOZ écrit : « Je lus et je relus les partitions de GLÜCK, je les appris par cœur ; elles me firent perdre le sommeil, oublier le boire et le manger ; j’en délirai. Et le jour vint où, après une anxieuse attente, il me fut enfin permis d’entendre Iphigénie en Tauride ; je jurai en sortant de l’opéra que malgré père, mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serai musicien. J’osai même, sans plus tarder, écrire à mon père pour lui faire connaître ce que ma vocation avait d’irrésistible. »

    Il poursuit la découverte d’œuvres musicales en particulier celles de Carl Maria VON WEBER, BEETHOVEN, mais aussi d’œuvres littéraires qui le bouleversent surtout celles de William SHAKESPEARE (Hamlet, Roméo et Juliette…). Il compose d’après la substance de l’univers de SHAKESPEARE : La symphonie fantastique, suivi de Lélio ou le retour à la vie, Le Roi Lear, Roméo et Juliette, La mort d’Ophélie, Béatrice et Bénédict, etc… 

    En lisant le Faust de GOETHE traduit par Gérard de NERVAL, il reçoit un nouveau choc et il compose les Huit scènes de Faust dans La Damnation de Faust. 

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    Lundi 3 avril 2006 -Gérard de NERVAL L’épanchement du rêve dans la vie réelle :

    Dans son Voyage en Orient Gérard de NERVAL nourrit sa recherche exaltée : entre des nostalgies sentimentales et des curiosités intellectuelles se mêlent des aspirations religieuses. Dans toutes les mythologies il trouve des symboles communs : La Vénus païenne, l’Isis égyptienne et la Vierge chrétienne, dans son imagination elles se confondent.  Alors il décide d’approfondir ses recherches ésotériques. Il écrit des monographies sur Les illuminés qu’il considère comme ses frères qui cherchent comme lui en marge des dogmes une vérité et une beauté idéales.  

    Gérard de NERVAL écrit : « J’ai fait les premiers vers par enthousiasme de jeunesse, les seconds par amour, les derniers par désespoir. La Muse est entrée dans mon cœur comme une déesse aux paroles dorées ; elle s’en échappée comme une pythie en jetant des cris de douleur. » Gérard de NERVAL a franchi les portes d’ivoires et de cornes qui nous séparent du monde invisible. Et la folie de NERVAL, ce fut un don de seconde vue : le don de percevoir la nature en voyant. Pour lui « le rêve est une seconde vie ». 

    Il dit aussi : « Le poète est celui qui lit sa vie, comme on lit une écriture renversée, dans un miroir et sait lui donner par cette réflexion qu’est le talent, et la vérité littéraire un ordre qu’elle n’a pas toujours. » 

    Dans Pandora il écrit en introduction : « Deux âmes hélas ! –se partagent mon sein, et chacune d’elles veut se séparer de l’autre : l’une ardente d’amour, s’attache au monde par le moyen des organes du corps ; un mouvement surnaturel entraîne l’autre loin des ténèbres, vers les hautes demeures de nos aïeux. » 

       C’est la voix nocturne appréhendant un monde informulé. 

     

    Lundi 10 avril 2006 -Le printemps de BOTTICELLI :

    Dans le livre, Les grands évènements de l’histoire de l’art, publié par les Editions Larousse- à propos du Printemps de BOTTICELLI-  j’ai noté : « La grâce des mouvements s’exprime dans une forme infiniment harmonieuse où l’élégance du dessin et des procédés de compositions subtils se combinent. De droite à gauche, les personnages, séparés dans l’espace, sont disposés de telle sorte que l’œil passe aisément de l’un à l’autre, comme dans une ronde dont ils seraient les figures. Le corps incliné de Zéphyr assure le lien avec celui de la nymphe violée, tandis que, de la bouche de  celle-ci, les fleurs vont se répartir sur la robe de l’autre femme. Vénus, au centre, est plus isolée : le thème le veut ainsi, qui fait de la déesse la reine du renouveau végétal.  Mais la main droite de  Vénus se lève comme pour désigner Les Grâces, permettant au regard de poursuivre vers la gauche du tableau. Les mouvements des personnages, exprimés de façon discrète, sont amplifiés par le plissé des vêtements. Tous sont posés sur le sol en appui sur une jambe et, parfois sur la pointe des pieds, ce qui confère aux silhouettes une grande légèreté et une allure dansante.  Pourtant, à l'exception de Zéphyr, aucun des personnages du Printemps ne donne l’impression de se déplacer véritablement. Même les trois Grâces ne paraissent pas réellement bouger : c’est seulement par le plissé du léger voile qui enveloppe leur corps et s’envole au gré de leurs mouvements qu’on peut croire à leur danse. Il en va de même pour les deux nymphes sur la droite, dont l’une est censée marcher et l’autre courir. »  

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    Lundi 17 avril 2006 -La grande solitude intérieure, être en paix avec soi :

    Pour le Dalaï Lama, « La paix ce n’est pas quelque chose qui vient de l’extérieur. C’est quelque chose qui doit commencer au-dedans de nous-même ; chacun a la responsabilité de faire croître la paix en lui afin que la paix demeure générale. » 

    Et Charif BARZOUK ajoute : « C’est en faisant le bien que l’on détruit le mal, et non en luttant contre lui. C’est en cultivant l’amour que l’on  détruit la haine, et non en l’affrontant. C’est en faisant croître la lumière que l’on triomphe de l’obscurité, et non en lui livrant combat. » 

     Le poète bengali Rabindranath TAGORE écrit :  

       L’amour seul est le Vrai 

       Quand il donne la liberté 

       Il l’installe au centre de nous-mêmes. 

    Il faut trouver la paix dans la simplicité de la vie.  Pour l’écrivain Aldous HUXLEY : 

       L’expérience  

       Ce n’est pas ce qui arrive à un homme 

       C’est ce qu’un homme fait avec ce qui lui arrive. 

    Il est souvent nécessaire de se retirer en soi, comme le dit le poète Rainer Maria RILKE : 

       Une seule chose est nécessaire : la solitude. 

       La grande solitude intérieure. 

       Aller en soi-même 

       Et ne rencontrer pendant des heures personne 

       C’est à cela qu’il faut parvenir 

       Etre seul, comme l’enfant est seul. 

    Dans la Bhagavad Gitâ il est dit : 

       D’où que surgisse la pensée, 

       Qui est mobile et vagabonde,  

       Il faut la contrôler 

       Et la conduire en soi, résolument. 

       C’est quand on est détaché, serein dans sa pensée, 

       Que nous échoit la paix suprême. 

       L’activité ne nous harcèle plus, 

       Nous sommes alors conscience, 

       Plus rien ne nous affecte. 

     

    Lundi 24 avril 2006 -Paul ELUARD, Liberté j’écris ton nom ! :

    Les poèmes de Paul ELUARD portent sans cesse les alternatives de bonheur et de malheur. Sa poésie est inséparable de l’histoire des hommes. Epris de liberté et de la joie d’aimer, chaque recueil d’ELUARD est une obstination de cette voix qui ne renonce jamais parce que les hommes ont droit au pain et à la lumière et qu’ils veulent vivre debout. 

    Le poète découvre son bonheur personnel dans le bonheur de tous, son malheur à lui dans le malheur de chacun. C’est une poésie de conquête. Elle est active. Elle demeure un chant pur du  bonheur.  Elle parle le langage le plus fraternel, le plus universel.  

        Et par le pouvoir d’un mot 

        Je recommence ma vie 

        Je suis né pour te connaître 

        Pour te nommer 

        Liberté. 

     

    Lundi 01 mai 2006 -Le jardin intérieur, en quête de lumière :

    Le jardin est l’espace vibratoire de l’âme. Il est aussi un signe de fécondité. Il est important de partir en quête de soi, et d’oser entreprendre un grand et long voyage vers des paysages inexplorés de notre monde intérieur. Il faut apprendre à connaître ses émotions, à les gérer et à les canaliser. Se réaliser c’est aussi apprendre à donner. Parce que toute vie est un potentiel d’évolution. 

     

    Lundi 08 mai 2006 -Danses et sérénades de MOZART :

    Mozart adorait danser. Il composa de nombreuses danses gaies et agréables à entendre. Il insérait dans ses danses quelques scènes pittoresques, au gré de son imagination. MOZART parle le langage de l’âme… Il respire du côté de la lumière… Dans son livre : MOZART, l’amour, la mort Jean-Victor HOCQUARD parle en particulier de la sixième danse allemande en ré K571 : « Ce qui est extraordinaire dans cette œuvre c’est l’association du burlesque le plus gras et de la poésie la plus raffinée. » Il ajoute à propos des Sérénades que : « La joie de créer éclate dans chaque d’entre elles. » 

    Kenneth DOMMETT écrit : « que la Sérénade no 13 en sol majeur K525 de MOZART » plus connu sous le nom de La petite Musique de Nuit « enchante et est la plus célèbre de toutes les Sérénades. » Il dit aussi : « que les quatre mouvements (Allegro- Romance- Menuet et trio – Finale) représentent la perfection, la quintessence de la forme classique exemplaire, à la fois élégante et sophistiquée. Une fois seulement, lorsque la calme surface de la Romance est troublée par un plongeon agité dans la tonalité très personnelle de MOZART, le sol mineur, on sent qu’on est à nouveau proche d’un esprit tourmenté dont on est inconsidérément tenté d’analyser la nature. » 

     

     

     

     

     


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