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    Traces de lumières :

     

    Traces de lumières :

     

    L’émission Traces de Lumière est diffusée tous les lundis de 08h30 à 09h30 et rediffusée tous les mardis de 17h00 à 18h00 sur Radio FM PLUS 91fm Montpellier, sur Radio ALLIANCE PLUS 103.1fm Nîmes et sur internet www.radiofmplus.org- Vous pouvez écouter des émissions archivées sur les sites :
    Forum Brassens Traces de Lumière (émissions avant janvier2017) - Forum Brassens émissions Traces de Lumière (depuis janvier 2017)- www.societedespoetesfrancais.eu (rubrique les évènements taper émissions FM)- www.radiofmplus.org Traces de Lumière
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    Mes débuts à la radio :
    Depuis 1977 je participe à l’aventure des radios libres qu’on appelle maintenant radios associatives. Avant 1981 Les radios libres étaient appelées aussi radios pirates - A propos de Radio Pirate, je voudrais vous parler de notre expérience marseillaise.
    En 1977 à MARSEILLE, avec une bande de copains syndiqués nous avons créé une radio GALINETTE FM qui émettait 4 heures par jour. Pour l’histoire, GALINETTE c’est le surnom donné à Ugolin dans Manon des Sources de Marcel PAGNOL.
    Sur notre RADIO on parlait des conditions de travail :
    -au port autonome de MARSEILLE,
    -au chantier naval de LA CIOTAT,
    -aux raffineries de FOS SUR MER,
    -la précarité et les hésitations politiques.


    On donnait la parole :
    - aux associations,
    -aux femmes dont le mari ou le compagnon était en prison aux BAUMETTES.
    -les horaires des bateaux Corse Méditerranée
    -les rencontres sportives, et certaines manifestations culturelles
    On donnait des renseignements :
    - pour des ballades dans le Massif de la Sainte Baume, les Calanques, les lieux chers à Marcel PAGNOL
    - des adresses pour manger une vraie bouillabaisse, des excellents encornets farcis, et des pieds paquets,
    - pour acheter des délicieuses navettes, des bonnes pâtes, des épices aphrodisiaques, et des tapis volants.
    On parlait de l’OLYMPIQUE de MARSEILLE.
    Quand l’O.M gagnait on était les rois du monde.
    Quand l’O.M perdait on avait un volume de mauvaise foi.
    Et parfois on demandait pardon à la BONNE MERE, quand on disait trop de gros mots à l’antenne.
    Voilà un aperçu du quotidien de notre radio.
    Déjà dès 1977 je parlais de poésie pendant 2 heures par semaine. (Poèmes d’ARAGON, ELUARD, BRETON, CHAR, HUGO, CESAIRE, Louise MICHEL, Marceline DESBORDES VALMORE, VILLON, RUTEBEUF, RICHEPIN, APOLLINAIRE, BAUDELAIRE, CAYROL, GARCIA LORCA, DARWICH, NIKMET, CELAN, PAZ, NERUDA, MAÏAKOVSKI, Anna AKMATOVA, Marina TSETAÏEVA, César VALLEJO, poèmes libertaires, poésie de résistance, chants de souffrance et d’espoir, poèmes de boue et de sang…)
    Depuis 1977, j’ai participé à l’aventure et à la création de nombreuses radios à MARSEILLE :
    GALINETTE FM -RADIO MEDITERRANEE -RADIO PROVENCE CULTURE –

    RADIO-DIALOGUE - RADIO GRENOUILLE (emblème du théâtre TOURSKY)
    A MONTPELLIER : L’ECHO des GARRIGUES - RADIO AGORA - RCF-MAGUELONE –
    RADIO FM+ -A NÎMES RADIO ALLIANCE+ (qui émet le même programme le matin que Radio FM+)
    La première émission de TRACES de LUMIERE officiellement légale en1981 était consacrée à BAUDELAIRE et Arthur RIMBAUD. Léo FERRE chantait ce soir-là au Théâtre TOURKSY et à la fin de son tour de chant il est venu parler à l’antenne de RIMBAUD, BAUDELAIRE, VERLAINE, APOLLINAIRE, BEETHOVEN et d’opéras

    L’émission TRACES de LUMIERE

    Elle a pour but :

    De faire découvrir des poètes, des écrivains, des musiciens, des peintres, des personnages connus, inconnus ou méconnus qui par leurs quêtes, laissent dans nos vies des traces…de lumière.
    D’aller à travers mes carnets de route, à la rencontre d’autres religions, d’autres peuples, d’autres paysages, d’autres regards, d’autres présences…
    Dans mes carnets radiophoniques, j’ai noté toutes ces rencontres poétiques, musicales et picturales qui m’ont beaucoup marquées. Parmi mes notes prises, je vais à la découverte de la voix du poète qui se nourrit des sillons de la terre. L’émission est surtout axée sur la poésie en grande partie.
    -Que représente pour moi la poésie ?
    La poésie porte en elle : l’amour, l’indignation, la révolte, l’espoir. Elle s’est mettre en évidence la vie quotidienne et les paysages de la solitude.
    Le poète ne rêve pas. Il se situe. Il se définit par rapport aux mondes. Celui dans lequel il se trouve par hasard, et les mondes qu’il découvre. Il y a aussi le monde qu’il subit et celui qu’il désire.
    La poésie se nourrit de l’espace et du temps. Elle est appréhension.
    Quels territoires plus étranges, plus beaux, plus inquiétants que ceux que l’on découvre à l’intérieur de soi ? Par les mots, la poésie est l’annexe du rêve, de la mémoire ou du délire, de la satire ou de l’idéalisme. Elle porte en elle aussi les royaumes d’enfance.
    La poésie, s’exprime en fonction du cours de l’imaginaire et non selon l’ordre du temps présent.
    L’avenir se projette dans les résurgences du passé.
    La poésie est un chant. Le chant de l’homme libre, en voyage, à travers son univers intérieur, à travers le monde imaginaire caché là, ignoré. Le poète voyage dans l’immensité et le cosmique.
    La poésie est aussi musique.
    La poésie devient cantique, prière, psalmodie. Elle est l’envers du miroir. Elle représente comme dit si bien Arthur RIMBAUD : « les voies sauvages, les golfes d’ombre, les silences inquiétants et superbes. »
    Le poète prend en charge l’invisible, l’irreprésentable.
    La poésie capte les vertiges qui nous habitent.
    Le poète accède à l’autre face du miroir par ses illuminations, ses voyances, ses passions, sa folie. Il est à la frontière translucide qu’on devine et qu’on a peur de transgresser.
    Il finit par pressentir ce voyage dans l’épaisseur des choses. Il ouvre les trappes intérieures qui une fois ouverte atteignent l’âme et la vérité par le mouvement total des correspondances si chère à BAUDELAIRE 
    Le poète Aimé CESAIRE écrivait : « La poésie est cette démarche qui par le mot, l’image, le mythe, l’amour et l’humour m’installe au cœur vivant de moi-même et du monde ».

    Lundi 07 novembre 2005 -La musique au miroir des villes –
    La musique est souvent influencée par le lieu de vie et réunir la musique et la ville qui l’inspirée, c’est recréer l’accord profond entre l’émotion d’un regard et le tremblement intérieur d’une écoute.
    La musique d’ALBINONI ne peut être associée qu’à Venise et le sfumato tendre du hautbois fait penser au balancement des gondoles.
    Frédéric CHOPIN traduit admirablement l’âme polonaise et les sensations les plus secrètes de Varsovie.
    Jean-Sébastien BACH à Leipzig ressent le besoin de retrouver un environnement spirituel et musical dans lequel la religion tiendrait une part importante.
    A Vienne BEETHOVEN tente d’imposer sa musique et il crée deux de ses belles œuvres : La symphonie pastorale et la sonate no 26 qu’il appelle : L’adieu, l’absence et le retour.
    BERLIOZ à Paris compose La symphonie fantastique, œuvre musicalement aussi romantique que révolutionnaire.
    En s’inspirant du folklore tchèque DVORAK à Prague traduit toute l’âme slave.
    MOZART à Salzbourg a créé des personnages immortels transposant toutes les passions humaines en pure musicalité.
    A Saint-Pétersbourg TCHAÏKOVSKY utilise des éléments du folklore russe. Son œuvre entière tourne autour d’un thème, celui du fatum, c’est-à-dire le destin.
    A Bayreuth Richard WAGNER fera jouer toute sa Tétralogie. Il mène à son aboutissement le tragique de la destinée humaine mais annonce aussi, avec le héros rédempteur et le feu purificateur, la naissance d’une nouvelle race d’hommes.
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    Lundi 14 novembre 2005 -Jean-Sébastien BACH L’offrande musicale :

    La musique religieuse de BACH traduit sa foi d’une manière directe et vivante. Le choral est au cœur de l’office luthérien comme il est au cœur de l’œuvre de BACH.
    Les Passions chez BACH sont comme d’immenses cantates où le récitatif prend une place importante. Le texte de l’Evangile constitue la trame essentielle, et ce drame sacré exalte un lyrisme intense chez BACH.
    Il composa beaucoup de musique pour orgue dont les deux parts essentielles de sa production sont les chorals, d’abord ; puis les grands Préludes, Fantaisies ou toccatas et fugues.
    Sa musique respire la force et la paix, mais elle contient aussi la souffrance et la douleur. Avec le choral, il donne à la musique et à la voix une valeur de prière et une sorte de méditation musicale. L’offrande musicale et l’art de la fugue sont comme la somme de son art.
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    Lundi 21 novembre 2005 -Charles BAUDELAIRE Correspondances :

    Charles BAUDELAIRE dans Les paradis artificiels écrit : « Le sens nous dit que les choses de la terre n’existent que bien peu, et que la vraie réalité n’est que dans les rêves. Pour digérer le bonheur naturel, comme l’artificiel, il faut d’abord avoir le courage de l’avaler, et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité, telle que la conçoivent les mortels a toujours fait l’effet d’un vomitif. »
    Il écrit aussi : « La tombée de la nuit a toujours été pour moi le signal d’une fête intérieure et comme la délivrance d’une angoisse. Dans les bois comme dans les rues d’une grande ville, l’assombrissement du jour et le pointillement des étoiles, ou des lanternes éclairent mon esprit. »
    Dans la poésie de BAUDELAIRE il y a une dualité permanente entre le ciel et l’enfer, les souvenirs et les pressentiments, l’immobilité et le voyage dans une lumière blanche ou sombre. Les poèmes sont évocateurs d’une opposition entre malédiction et bénédiction et dans les sentiments d’ascension ou de chute.
    Il note : « Il y a des moments de l’existence où le temps et l’étendue sont plus profonds et le sentiment de l’existence immensément augmenté. Dans certains états de l’âme presque surnaturels la profondeur de la vie se révèle toute entière dans le spectacle si ordinaire qu’il soit, qu’on a sous les yeux. Il en devient le symbole. »
    La nostalgie du bonheur qu’évoquent ses souvenirs d’enfance se rattache en particulier à une femme : sa mère qu’il a aimée jalousement. Elle représentait pour lui la vision d’un monde éblouissant et à la fois troublant de la beauté féminine.
    Il dit : « La femme est l’être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves. La femme est fatalement suggestive ; elle vit d’une autre vie que la sienne propre ; elle vit spirituellement dans les imaginations qu’elle hante et qu’elle féconde. »
    Pour lui l’invitation au voyage est : Quand partons-nous vers le bonheur ? - Parce qu’il vaudrait donner l’émotion de la vie et de la nature inconnue à partager. Il cherche sans arrêt des Correspondances à son univers fragmenté. Les Fleurs du mal se caractérisent entre l’évocation voluptueuse du monde et le dépaysement fondamental de l’âme mais elles se troublent encore devant des cris de souffrances, de peur, de désir ou de haine.
    Le poète, écrit : « Mon double est en cause : ici, une volupté ; et là, mon remords ; ici, celui qui est, sans l’avoir voulu ; et là, celui qui ne veut pas être ; ici la vie maudite et perdue ; là, l’éternel élan au salut et bien moins l’espoir, que le souvenir de la rédemption. »
    Pour le poète, chaque poème tente d’édifier un nouvel univers où l’harmonie, les images, la musique rendent la vie possible, la terre humaine habitable.
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    Lundi 28 novembre 2005 -Carnet de route : Himalaya la montée vers les neiges éternelles - -LE CALEPIN des NEIGES :

    Depuis mon enfance, j’ai toujours voulu me rendre dans l’Himalaya. Tintin, Marco-Polo, et les livres de Jules Verne, d’Alexandra David-Neel, de Kipling, de Maurice Herzog, sont à l’origine de mes rêves d’aventures les plus fous.
    J’ai amené de France quelques vêtements de montagnes (anorak, sac de couchage, bonnet, tricots, chaussettes en laine, pantalons épais, etc.), et aussi de solides souliers pour la randonnée, une gourde et des médicaments.
    Par un ami, j’ai obtenu l’adresse d’une agence népalaise qui organise des randonnées. Celle-ci : Great Himalayian Adventure s’occupe de tout : porteurs, matériel de campement, guide, interprète, permis obligatoire de randonnée, cartes, vivres…
    Je me trouve en compagnie :
    -du guide ou Sirdhar, ancien meneur de caravanes. Il joue un rôle prépondérant dans l’équipe. Outre sa connaissance du terrain, il doit aussi coordonner la bonne marche des porteurs, et il tient un budget. C’est à lui que revient de trouver les bons emplacements pour le campement.
    -de l’interprète, qui est d’une grande utilité et d’une nécessité absolue, à cause des principales langues que l’on découvre au cours de la randonnée.
    -du cuisinier qui dispose d’une batterie de casseroles, de boîtes de conserves, d’aliments, d’huile… Il a la parole et le rire facile. Il est plein d’entrain.-de quatre porteurs, d’ethnies différentes qui transportent des charges de 30 à 40 kilogrammes. Trois d’entre-deux sont pieds nus et le resteront toujours. Ils possèdent de grands paniers qu’ils portent sur leur dos. Seul moyen de transport efficace.


    POKHARA- C’est le départ de beaucoup de randonnées:

    Une ville qui se situe à 200 kilomètres de Kathmandou : soit à 7 heures de bus. Elle se trouve près d’un magnifique lac : avec en fond de décor toute la chaîne de l’Annapurna. C’est grandiose ! J’ai quitté mon hôtel de Kathmandou en toute quiétude, en y laissant mon billet d’avion, mon passeport, de l’argent. Pas de problème de vol. Ce premier contact avec l’Himalaya : « demeure de la neige éternelle », me laisse étrangement flotter dans une pacifique ivresse.
    Ma première nuit se passe dans des rêves fabuleux, à la fois terrifiants, humoristiques, fantastiques…
    Au petit matin, à peine j’ai quitté ma tente que je reste sans voix devant ce site imposant dessiné au nord par la muraille des Annapurnas (plus de 8000m) et l’étrange sentinelle qu’est le Machapuchare (près de 7000m).
    Départ vers la plénitude
    Nous traversons sur un pont qui bouge beaucoup le Seti Khola (la rivière blanche) qui descend parfois des glaciers : blanche et houleuse.
    La randonnée durera plus de trois semaines.
    Et au bout : une expérience pleine de richesse qui se traduit par un épanouissement : visuel, physique, religieux, écologique, relationnel...
    Le parfait accord de l’homme avec son environnement.
    Pour atteindre cette plénitude, je parcours avec mes amis népalais (car j’ai vite sympathisé et j’ai été très bien accueilli) plus de trois cents kilomètres à pied.
    La journée se déroule ainsi : Lever à six heures : petit déjeuner -Marche jusqu’à 10h30 - 11h00-
    Arrêt pour déjeuner, de préférence à l’entrée d’un village ou d’un hameau - Marche jusqu’à 17h00 -Installation du campement face aux sommets - Dîner à 18h00 - Coucher à 18h30 - La nuit tombe vite.
    Il n’existe pas de routes, rien que des sentiers.
    Je franchis en compagnie de mes amis népalais : des cols à plus de 4000m parfois enneigés.
    Je traverse des rizières, des champs en terrasses, des forêts subtropicales : humides, touffues (gare aux sangsues), puis des futaies de conifères, et la moraine de haute montagne.
    Sans oublier des déserts très caillouteux où se nichent sur les falaises ravinées : quelques ermites.
    Je longe le lit des rivières, des précipices, des glaciers mouvants.
    Je lutte contre un vent tourbillonnant, poussiéreux, vibrant, parfois glacial. Je lutte aussi contre une pluie épaisse, bruyante, argentée.
    J’entre dans des brumes féeriques, cotonneuses, dans des brouillards mêlés à d’étranges bruits, à d’étranges voix.
    L’unité de l’homme et de la nature
    La végétation s’étage. Outre les conifères, je découvre des banians aux racines aériennes et des nipals aux feuilles en forme de cœur, des cèdres, des bouleaux.
    Un arbre sacré : le Sal, au tronc élancé, est très recherché, car il symbolise l’arbre qui a vu naître Bouddha.
    Les rhododendrons arborescents atteignent près de 20 mètres de haut.Les habitants réguliers de ces arbres, sont les Lophophores : des faisans aux plumages multicolores et à la tête couronnée d’une aigrette verte. Cet oiseau est devenu l’emblème national du Népal. 

    Les plantes et les fleurs de montagne sont variées:

    A 6000m, dans le massif de l’Annapurna (altitude atteinte durant la randonnée), je suis surpris de découvrir de larges étendues de primevères, de saxifrages, de gentianes, et des edelweiss.
    Les montagnes sont impressionnantes, même à 6000m. Je me sens écrasé par la masse neigeuse, rocailleuse, qui s’élève au-dessus de moi. Mais le spectacle est fascinant. Les nuages se heurtent aux parois des massifs. Ils reviennent en arrière, puis heurtent à nouveau, pour former d’autres nuages.
    Le soleil dans une symphonie de lumière, s’étale joyeusement dans la neige qui, par endroit fume.
    Quelques rochers craquent, s’écroulent en donnant naissance à des éboulis, à quelques petites avalanches.
    Des bruits inconnus rebondissent, s’amplifient, vibrent, et passent dans l’espace habité par des esprits, des âmes errantes, des légendes populaires. On parle doucement, et très peu. Tout est dans le minéral, le végétal. Je vis intérieurement. Les sensations sont nouvelles, florissantes, musicales.
    La peur n’existe pas, parce qu’on a atteint les limites du beau, du trouble, du rêve, et qu’on entre, tranquille dans le mystère de la vie, côtoyant semble-t-il, la parole divine et la sagesse humaine.
    On se découvre étrangement seul, mais peuplé de mille vies présentes, futures. Puis cette étrange solitude se transforme, se dissout, disparaît derrière les crêtes. On devient unité.
    La rencontre
    Ma rencontre avec les villageois, aux coutumes différentes d’un peuple à l’autre, me fait apprécier leur haute ferveur religieuse et leur hospitalité légendaire. Ils sont de rudes paysans, tenaces. Ils récoltent le riz, le millet, l’orge, le blé, la moutarde, et même le coton.
    Le yack mammifère au poil long, côtoie le cheval, l’âne, la chèvre pushmina (dont la laine est connue sous le nom de cachemire).
    Je croise des pèlerins à la recherche des lacs sacrés, des bergers qui mènent leur troupeau vers des hauts pâturages.
    Je croise aussi des commerçants qui conduisent des caravanes de yacks chargés de blé, de sel, de riz, de thé, de laine, de quincaillerie…
    Les sentiers que nous empruntons sont jalonnés de bancs surélevés pour permettre aux porteurs de déposer leurs charges sans avoir à s’accroupir.
    Nous faisons au cours de ces haltes : des rencontres avec d’autres porteurs aux pieds nus parfois.
    Ils ploient sous d’invraisemblables fardeaux : tôles ondulées, câbles destinés aux ponts suspendus, bidons d’essence, aliments périssables, tissus, ustensiles de cuisine, malades allant voir le guérisseur…
    Ces haltes sont l’occasion de fumer une cigarette pour certains, pour d’autres de souffler, de plaisanter, d’échanger des souvenirs, de donner des nouvelles.
    La rencontre de soi-même
    Les obstacles imprévus ne manquent pas de surgir pendant la randonnée : chutes de pierres, orages violents, glissements de terrain ou rupture d’un pont…
    Chaque lieu porte un nom, parfois plusieurs, suivant les communautés.
    Chaque site a ses mythes : le sacré n'est pas loin. La randonnée devient traversée au long cours.
    Au fil des jours le corps se réveille et l’esprit s’émerveille.Chemin faisant, on peut vouloir dépasser ses limites, conquérir au passage un sommet ou s’adonner à la magie des lieux. Car si le corps s’épanouit l’imagination n’est pas en reste. La randonnée peut se confondre aussi avec le chemin de l’initiation et de l’expérience personnelle.Dépasser le samsara 

    On rencontre beaucoup de Chörtens : sorte de tourelles à trois éléments superposés cube, sphère, cône ; qui symbolisent l’omniprésence de Bouddha.
    Ce qui me frappe tout au long de cette randonnée, c’est de voir cette jovialité qui, malgré la rudesse de la vie, ne quitte pas les habitants de ces contrées extrêmes.
    Le dernier soir de la randonnée, je fais part de mes observations à un haut dignitaire tibétain qui me répond en souriant : « Là où règne le Dharma – l’ordre des choses – la loi qu’enseigne Bouddha, c’est la jovialité, l’humour. Malgré la vie rude, nul ne doute que ces traits de caractère s’enracinent profondément dans la philosophie bouddhique. Celle-ci enseigne que les désirs, liés à une perception myope, illusoire, de la réalité du monde et de soi-même, sont l’origine de la souffrance. Les transcender par la méditation et la compassion envers autrui est l’unique moyen de supporter le passage terrestre et d’atteindre la libération, la sérénité absolue. C’est la seule manière de dépasser le Samsara (le cycle des morts et des naissances successives). »
    Et, pour les Bouddhistes de l’Himalaya, chaque acte quotidien tend vers ce but. J’ai pu le constater.
    Le paysage lui-même amplifie cette approche mystique : squelette brut de la terre dépouillée de la végétation, solitudes silencieuses et transparences des lumières.
    Cette immensité se trouve gonflée par le souffle des trompes des prières dès la naissance du jour.
    Nous sommes proches des cieux.
    OM MANI PADMA HUM ! (Prière sacrée).
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    Lundi 05 décembre 2005 -Wolfgang Amadeus MOZART, La beauté transfigurée :

    Pourquoi j’aime MOZART ?
    Parce que toute la musique de MOZART ne dit qu’une chose : la liberté fondamentale de l’amour. Mais aussi savoir transcender la souffrance.
    MOZART explore ce qui en nous échappe au langage, ces replis secrets de l’âme où les contraires se rejoignent, où la joie est en même temps douleur et le rire une manière de larmes.
    Le génie de MOZART est uniquement le bonheur de la forme, la clarté de l’inspiration, la perfection dramatique. Sa musique est la preuve vivante d’un éternel et vif besoin d’amour. Ses airs d’opéra sont des illustrations vivantes des sentiments puissants et totalement sublimées. Tout ce qu’il a vu et vécu : MOZART l’a mis dans sa musique.

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    Lundi 12 décembre 2005 -GUERNICA de PICASSO :

    PICASSO écrivait : « La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi. »
    Il dit aussi : « La guerre d'Espagne est la bataille de la réaction contre le peuple, contre la liberté. Toute ma vie d'artiste n'a été qu'une lutte continuelle contre la réaction et la mort de l'art. Dans le panneau auquel je travaille et que j'appellerai Guernica et dans toutes mes œuvres récentes, j'exprime clairement mon horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l'Espagne dans un océan de douleur et de mort. »
    Le tableau GUERNICA est plein de symboles : - Au centre du tableau la lampe domine la scène. Elle a la forme d’un œil sans doute le regard que porte le peintre de l’évènement. Elle peut aussi traduire la lueur d'espoir malgré la tragédie de ce bombardement.
    Le taureau à gauche symbolise la brutalité, l'obscurité dans la corrida. Ici, il représente les Nationalistes dans cette guerre.
    Le cheval représente la victime innocente de cette corrida. Il représente le peuple opprimé et les Républicains.
    Pour le peintre bien sûr la colombe symbolise la paix. Or ici, elle se situe entre le taureau et le cheval et on peut remarquer qu'elle s'efface dans l'obscurité ce qui signifie que la paix est impossible entre les deux parties, qui s'opposent dans cette guerre, les Républicains et les Nationalistes.
    A droite du tableau le fantôme tient dans sa main une bougie. Il témoignede l'indignation de la communauté internationale et qui veut faire la lumière sur ce qui vient de se passer.
    En bas au centre, une fleur symbolise la fragilité, la vie et l'espérance.
    On découvre aussi d’autres personnages : à gauche, la mère, le sein dénudé, tient un enfant mort dans ses bras. Elle montre que la maternité est impossible, ainsi que le désespoir des paysans opprimés dans cette guerre.
    En bas du tableau un soldat, l’épée brisée traduit la lutte jusqu’à la mort et l’impossibilité de continuer la lutte à cause de l’inégalité des armes. En bas à droite du tableau une femme blessée à la jambe tente de marcher. Elle semble fascinée par la lumière de l’ampoule. Elle crie la liberté.
    Tout à fait à droite du tableau un homme est brûlé vif sans doute un prisonnier. Il implore Dieu en levant les bras et signifie une douleur et une souffrance.
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    Lundi 09 janvier 2006 – Arthur RIMBAUD L’homme aux semelles de vent :

    Dès l’adolescence Arthur RIMBAUD devient un fugueur. Pourquoi cet envie de fuir ? Il y a d’abord la violence intérieure de l’adolescence : une sorte d’étouffement (dans sa famille comme dans sa petite ville) et l’exaltation de l’aventure. Le voilà sur les routes, infatigable marcheur, vagabond, amoureux des pleines lunes, des aubes enchanteresses, des étendues aux mille couleurs.
    Il se chauffe aux coins du feu au hasard des chemins et il croise tout ce monde qui ne parle pas, mais qui bouge tout le temps. Puis il y a cette puissante évocation du Bateau ivre qui charrie des images grandioses d’espace et d’évasion et qui montre ce qu’il y a de plus déchirant dans la condition humaine.
    La présence de Paul VERLAINE est une parenthèse troublante, scandaleuse qui écorche un peu plus sa vie.
    RIMBAUD est impatient. Il veut retrouver en lui une pureté sauvage. Mais il est un de ces êtres qui ne sont jamais satisfaits de l’existence telle qu’ils sont condamnés à la vivre. Ils projettent leurs désirs dans un monde plus pur, plus intense et plus beau. Parfois RIMBAUD prend sur lui toute la souffrance du monde, et c’est là que réside le tragique de sa vie, et bien entendu de son œuvre. 
    Il veut saisir « La vérité dans une âme et dans un corps » mais il est en proie à une dualité constante : entre pureté et souillure, instant et éternité, innocence et culpabilité, individu et société.
    Dans Une saison en enfer il chemine vers la connaissance de soi par l’affranchissement des tutelles et par le combat spirituel, solitaire et douloureux. Alors l’œuvre se compose de  

    fragments, de débris, d’œuvres de poèmes non menés à terme, mais qui représentent bien le drame intime qui se joue dans l’alchimie du verbe.
    Et dans Les illuminations il greffe sur l’arbre de sa vie les sensations réelles qu’il a ressenties et les reflets métamorphosés de ses errances solitaires ou partagées. Il tente d’éclairer ses dires à la lumière poétique.
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    Lundi 16 janvier 2006 -Paul VERLAINE liturgies intimes :

    « De la musique avant toute chose. » - dit Paul VERLAINE- Pour lui la poésie devient aussi l’art de faire rimer, les images indécises et les sons feutrés. Les paysages visibles sont aussi des paysages d’âme. Tout chez VERLAINE procède de l’instinct, du sentiment. Pareil à la feuille morte il se laisse ballotter par la vie et la chante. Il a l’art de suggérer, d’évoquer les pouvoirs du vague, de l’indécis, du clair-obscur, des états d’âme. Dans le poème L’art poétique il définit sa conception personnelle de la poésie.
    De la musique avant toute chose,
    Et pour cela préfère l'Impair
    Plus vague et plus soluble dans l'air,
    Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

    Il faut aussi que tu n'ailles point
    Choisir tes mots sans quelque méprise :
    Rien de plus cher que la chanson grise
    Où l'Indécis au Précis se joint.

    C'est des beaux yeux derrière des voiles,
    C'est le grand jour tremblant de midi,
    C'est, par un ciel d'automne attiédi,
    Le bleu fouillis des claires étoiles !

    Car nous voulons la Nuance encor,
    Pas la Couleur, rien que la nuance !
    Oh ! la nuance seule fiance
    Le rêve au rêve et la flûte au cor !


    Fuis du plus loin la Pointe assassine,
    L'Esprit cruel et le Rire impur,
    Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
    Et tout cet ail de basse cuisine !

    Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
    Tu feras bien, en train d'énergie,
    De rendre un peu la Rime assagie.
    Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

    O qui dira les torts de la Rime ?
    Quel enfant sourd ou quel nègre Pfou 

    Nous a forgé ce bijou d'un sou
    Qui sonne creux et faux sous la lime ?

    De la musique encore et toujours !
    Que ton vers soit la chose envolée
    Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
    Vers d'autres cieux à d'autres amours.

     

    Que ton vers soit la bonne aventure
    Eparse au vent crispé du matin
    Qui va fleurant la menthe et le thym...
    Et tout le reste est littérature.

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    Lundi 23 janvier 2006 -Frédéric CHOPIN Les miroirs de l’âme :

    Pour lui, le piano fut son confident le plus intime.
    Les Polonaises, qui sont tour à tour des œuvres tragiques, sombres ou lumineuses, traduisent la résistance désespérée d’un peuple celui de sa Pologne natale.
    Avec ses mazurkas danses à trois temps, Chopin continue à célébrer sa chère Pologne. C’est dans Les nocturnes que Chopin nous offre des pages passionnées, tendres et nuancées de tristesse. Il sait exprimer la puissance des sentiments prête à faire éclater la fibre humaine.
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    Lundi 30 janvier 2006 -A la rencontre du mana, itinéraire spirituel à l’Île de Pâques et en Polynésie :


    Les secrets de l’Île de Pâques restent enfouis dans la profondeur de sa terre et de son océan. Cette île a l’histoire et les mystères d’un bout du monde.
    Parmi les symboles :
    Les Tabous (Tapu) signifient le respect des empreintes divines.
    Le tatouage (Tatau) désigne l’habit que l’homme dessine en lui pour parler aux dieux.
    Le mana est une force créatrice. Elle fertilise, elle engendre. Les animaux, les plantes et l’océan en sont nés. Elle est à la source de tout acte grandiose, et même de tout élan artistique. L’homme est vécu comme une œuvre d’art dont le sculpteur serait un Dieu suprême, Le Grand Tout (Taato’a). Le mana c’est s’imprégner d’un souffle, c’est libérer en soi un potentiel créateur qui transforme l’être pour toujours.
    Les sages Pascuans disent :
    « Même après la mort, tes actes, tes paroles et tes pensées continueront à vivre comme s’ils avaient une existence propre.
    Tes pas d’hier t’ont mené dans cette nuit autour de cette pierre sacrée (Te Pito kura). Tu t’interroges sur le mana. Cette question guide en fait la vie de tous.
    Mais crois-tu qu’il ne s’agisse que d’une simple question ? Comprends qu’il y a une force qui nous appelle, nous guide et nous invite à évoluer. Cette force est le mana. Elle est aussi dans ton entourage, dans la nature, dans cette pierre. Elle relie l’être et l’univers à une force supérieure. La comprendre, c’est ressentir le lien intime qui existe entre nous et Taato’a (Le Grand Tout). Seul celui qui comprend le mana, qui sait voir sa présence dans toute chose etdans chaque être, peut être un homme libre car il a levé toutes les barrières qui limitent son regard et son évolution. »
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    Lundi 6 février 2006 -Le cycle des saisons, l’eau de la vie :

    Dans Le langage des Oiseaux, le poète ATTAR écrit :
    « Recherche sincèrement l’eau de la vie ; mets-toi en marche, car tu n’es pas l’amande, tu n’en es que l’écorce. » 
    Et le célèbre poète persan Omar KHAYYAM dit :
    « Aujourd’hui tu n’as pas accès à demain et le souci que tu t’en fais n’est que chimère. Si ton cœur est sage, ne gâte pas ce souffle présent, car ce qui te reste de vie est le seul bien précieux. »
    Dans son livre Le Prophète Khalil GIBRAN écrit :
    « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils de la Vie qui a soif de vivre encore. Ils voient le jour à travers vous, mais non à partir de vous. Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps, mais non leurs âmes. Car leurs âmes habitent la demeure de demain que vous ne pouvez visiter, même dans vos rêves. »
    Le cycle des saisons est le fondement de la vie sur terre, tant végétale qu’animale et humaine. On suit les différentes étapes de la manifestation de la vie toujours recommencée.
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    Lundi 13 février 2006 -Jacques BREL, le théâtre de la vie-
    Jacques BREL, fait vivre ses personnages et il sait les mettre en valeur dans ses textes. Et sa musique se prolonge au-delà du texte. Il laisse à l’auditeur le temps de réfléchir sur ce qui vient de se passer. Pareil à une pièce de théâtre, la chanson est jouée sur scène. Parce que si le décor et le temps sont bien plantés sur scène, Jacques BREL ne décrit pas les personnages de la chanson pour la bonne raison qu’il les incarne, qu’il leur prête son physique, sa voix, et qu’il peut bien sûr les transformer selon son humeur et les rendre plus pitoyables ou plus sympathiques.
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    Lundi 20 février 2006 -BEETHOVEN et le Testament d’Heiligenstadt-
    Des premières sonates aux Variations Diabelli on suit tout le génie musical de Beethoven comme on suivrait un itinéraire spirituel. Beethoven disait de sa musique : « Venue du cœur, qu’elle aille au cœur ». Sa surdité l’empêcha d’écouter ses œuvres sur la fin de sa vie et en particulier sa neuvième symphonie et le poème de Schiller l’ode à la joie.
    Beethoven, écrivait : « C’est l’art et lui seul, qui m’a retenu. Ah, il me paraissait impossible de quitter le monde avant d’avoir donné tout ce que je sentais germer en moi ! Divinité, tu vois d’en haut au fond de moi, tu sais que l’amour de l’humanité et le désir de faire du bien m’habitent. »
    Il a laissé à l’humanité qu’il avait tant aimé, et parfois jusqu’à l’amertume, un message immortel de beauté, de joies et de peines : « Celui qui comprendra ma musique, sera délivré des malheurs où les autres se traînent. »
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    Lundi 27 février 2006 -Alfred de MUSSET, la confession douloureuse-Alfred de MUSSET écrit :

    « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître
    Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. »

    Il ajoute aussi :
    « On n’écrit pas un mot que tout l’être ne vibre. »
    A la question : qu’est-ce que la poésie ?- Alfred de MUSSET répond :
    Chasser tout souvenir et fixer sa pensée,
    Sur un bel axe d'or la tenir balancée,
    Incertaine, inquiète, immobile pourtant,
    Peut-être éterniser le rêve d'un instant ;
    Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ;
    Écouter dans son cœur l'écho de son génie ;
    Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;
    D'un sourire, d'un mot, d'un soupir, d'un regard
    Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme
    Faire une perle d'une larme :
    Du poète ici-bas voilà la passion,
    Voilà son bien, sa vie et son ambition.
    Les quatre nuits du poète donnent une idée de ce que peut être un poète inspiré qui rencontre sa muse. Elles marquent les étapes d’un itinéraire spirituel. Elles viennent du cœur, de l’inspiration du moment. Elles naissent de l’émotion. C’est la face d’ombre et la face de lumière dialoguant.
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    Lundi 06 mars 2006 -Victor HUGO, le poète visionnaire :

    Pour Victor HUGO : « Le domaine de la poésie est illimité. » - Dans la préface des Orientales, il dit : « A voir les choses d’un peu haut, il n’y a en poésie ni bons, ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poètes. D’ailleurs, tout est sujet, tout relève de l’art ; tout a droit de cité en poésie. L’art n’a que faire des lisières, des menottes, des baillons ; il nous : va ! -et nous lâche dans ce grand jardin de poésie, où il n’y a pas de fruit défendu. » Il ajoute dans la préface des rayons et des ombres : « Tout poète véritable…doit contenir la somme des idées de son temps. »
    A propos des Feuilles d’automne, Victor HUGO écrit : « Ce n’est pas là de la poésie de tumulte et de bruit ; ce sont des vers sereins et paisibles, des vers comme tout le monde en fait ou en rêve, des vers de la famille, du foyer domestique, de la vie privée, des vers de l’intérieur de l’âme. »
    Concernant Le chant du crépuscule, il parle de : « Cet état étrange crépusculaire de l’âme et de la société dans le siècle où nous vivons ; c’est cette brume au-dehors, cette incertitude au-dedans ; c’est ce je ne sais quoi d’à demi éclairé qui nous environne. »
    Il parle aussi de : « Ces troubles intérieurs qui remuent à peine la surface du vers au-dehors, ces tumultes politiques contemplés avec calme, ces retours religieux de la place publique à la famille, cette crainte que tout n’aille s’obscurcissant, et par moment cette foi joyeuse et bruyante à l’épanouissement possible de l’humanité. » 
    Dans Les Voix intérieures, Victor HUGO n’oublie pas de parler de : « Cette musique que tout homme a en soi. » Il veut exprimer les aspects de la vie humaine : « Le foyer qui est notre cœur même, le champ, où la nature nous parle ; la rue, où tempête, à travers les coups des fouets des partis, cet embarras de charrettes qu’on appelle les évènements politiques. » Victor HUGO veut que le poète « ait dans le cœur cette sympathique intelligence des révolutions qui implique le dédain de l’émeute, ce grave respect du peuple qui s’allie au mépris de la foule ; que son esprit ne concède rien aux petites colères ni aux petites vanités. »
    A propos des Contemplations, le poète nous dit qu’il s’agit de Mémoires d’une âme et que : « le livre doit être lu comme il lirait le livre d’un mort. » Il ajoute : « Ce sont en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C’est l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil ; c’est un esprit qui marche de lueur en lueur, en laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir et qui s’arrête éperdu- au bord de l’infini. »
    Victor HUGO définit ainsi La Légende des siècles : « Exprimer l’humanité dans une espèce d’œuvre cyclique ; la peindre successivement et simultanément sous tous ses aspects, histoire, fable, philosophie, religion, science, lesquels se résument en un seul et immense mouvement d’ascension vers la lumière ; faire apparaître dans une sorte de miroir sombre et clair – que l’interruption naturelle des travaux terrestres brisera probablement avant qu’il ait la dimension rêvée par l’auteur – cette grande figure une et multiple, lugubre et rayonnante, fatale et sacrée, l’homme ; voilà de quelle pensée, de quelle ambition, si l’on veut est sortie La Légende des siècles. »
    Il dit qu’il veut montrer : « L’épanouissement du genre humain de siècle en siècle, l’homme montant des ténèbres à l’idéal, la transfiguration paradisiaque de l’enfer terrestre, l’éclosion lente et suprême de la liberté, droit pour cette vie, responsabilité pour l’autre, une espèce d’hymne religieux à mille strophes, ayant dans ses entrailles une foi profonde et sur son sommet une haute prière ; le drame de la création éclairé par le visage du créateur, voilà ce que sera, terminé ce poème dans son ensemble. »
    A propos des fragments de La fin de satan et aussi dans ceux de Dieu, Victor HUGO dit : « C’est la prédiction du progrès indéfini, l’accomplissement du temps, le règne du bien vainqueur du Mal par la douceur et la pitié ; c’est la porte de l’enfer arrachée de ses gonds, et les condamnés rendus à l’espérance, les aveugles à la lumière, c’est la loi du sang et la peine du talion abolies par la notion du véritable Evangile ; c’est en même temps les prisons de l’Inquisition rasées et semées de sel, ce sont les chaînes, les carcans et les chevalets à jamais réduits en poussière. C’échafaud politique renversé la peine de mort abolie ; c’est la révolte de Satan apaisée, le jour où finira son inexorable et inique supplice. »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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